Calais : La justice refuse de fermer les commerces de la «jungle»

JUSTICE Le tribunal administratif de Lille a débouté la préfecture du Pas-de-Calais…

M.L. avec AFP

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Un restaurant dans la «Jungle» de Calais.
Un restaurant dans la «Jungle» de Calais. — M.Libert/20 Minutes

Vendredi, le tribunal administratif de Lille a rendu sa décision suite au référé déposé par la préfecture du Pas-de-Calais qui demandait la fermeture des commerces illégaux installés dans la « jungle » de Calais. Selon le texte de la décision communiqué à la presse, le tribunal a débouté la préfecture.

Pas de « conditions d’urgence »

Dans son ordonnance, le juge estime que « les préoccupations exprimées par le préfet du Pas-de-Calais sont tout à fait compréhensibles » mais que « les conditions d’urgence et d’utilité requises » par la loi « ne sont pas remplies pour faire droit » à sa demande « que soient expulsés les gérants des 72 structures de vente illégales recensées » sur le site.

L’audience avait eu lieu, mercredi. En marge de celle-ci, plusieurs associations, dont l’Auberge des Migrants, avaient déploré dans un communiqué que « la destruction de ces restaurants a déjà et aura des conséquences graves pour les personnes survivant dans le camp de Calais ».

Pourvoi en cassation

Contre cette décision, la préfecture a fait savoir, vendredi après-midi, qu’elle allait se pourvoir en cassation devant le Conseil d’Etat. « Le respect de l’ordre public, le respect de l’Etat de droit justifient d’aller au bout de cette procédure, nous allons poursuivre ces contrôles sur ces lieux d’illégalité », a déclaré Vincent Berton, le sous-préfet de Calais.

Courant juillet, la préfecture avait diligenté de nombreux contrôles, notamment sanitaires, dans plusieurs dizaines de commerces du camp. Des denrées et de la marchandise avaient alors été saisies et plusieurs gérants d’échoppes avaient été interpellés.

Selon les sources, ce sont entre 4.500 et plus de 9.000 personnes qui vivent actuellement dans le camp de la Lande, appelé aussi « jungle ».