VIDEO. Annulation de la braderie de Lille: «Des risques impossibles à réduire», affirme Martine Aubry

SOCIÉTÉ C’est avec émotion que Martine Aubry, maire de Lille, a annoncé, vendredi, l’annulation de la grande braderie…

Mikael Libert

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Illustration de la braderie de Lille (Archives)
Illustration de la braderie de Lille (Archives) — M.Libert / 20 Minutes

« C’est une des décisions les plus difficiles que j’ai eues à prendre ». C’est avec une voix tremblante chargée d’émotion que Martine Aubry, la maire de Lille, a annoncé que l’édition 2016 de la Grande braderie n’aurait pas lieu.

« Je suis bouleversée d’avoir à prendre cette décision, c’est un déchirement, mais c’est moralement essentiel », a déclaré, vendredi matin, la maire de Lille lors d’un point presse organisé à la préfecture du Nord. Le suspense aura duré jusqu’au dernier moment puisque la socialiste n’a arrêté sa décision que ce mercredi.

« Il y a des risques que nous n’arrivions pas à réduire »

Pourtant, l’ensemble du dispositif de sécurité avait déjà été revu suite aux attentats survenus en 2015, à Paris. De nouvelles mesures avaient aussi été évoquées après le drame de Nice, le 14 juillet dernier. Il restait cependant des points noirs contre lesquels toute la sécurité du monde ne pouvait rien : « Il y a des risques que nous n’arrivions pas à réduire, notamment liés au nombre de camions, la quantité de marchandise », explique Martine Aubry.

C’est en évoquant la présence massive de personnes au même moment à un même endroit que l’élue s’est dit « on n’y arrivera pas ». Davantage que l’acte d’un terroriste, la maire de Lille craignait les mouvements de foule dans des endroits comme la place Rihour ou le boulevard Jean-Lebas. « Une simple engueulade entre bradeux ou un pétard qui explose peuvent créer des mouvements de paniques », concède-t-elle.

Une braderie, mais pas une « parade militaire »

Pour le préfet, Michel Lalande, « c’est une véritable armada que nous nous apprêtions à mobiliser, assure-t-il. Mais il ne faut pas non plus que la braderie devienne une parade militaire ». Selon le représentant de l’Etat, « il faut savoir dire stop à un modèle qui n’est plus en accord avec la réalité de notre époque ». C’est dans ce sens que les services de la mairie vont travailler pour l’édition de 2017. « Il faut retrouver l’esprit des débuts, avec les riverains et pas cette multitude de commerçants non sédentaires que nous voyons aujourd’hui », a martelé Martine Aubry.

Les réactions ne se sont pas fait attendre, notamment sur Twitter. Beaucoup déplorent que la peur gagne du terrain.

Isabelle Balkany, adjointe au maire de Levallois, y va aussi de son avis dont le sens ne saute pas aux yeux à première vue.

Côté opposition Lilloise, Jean-René Lecerf, conseiller municipal (DVD) d’opposition à Lille, se dit totalement solidaire de la décision de Martine Aubry : « Sur dossier là, on ne mettra jamais l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette entre elle et moi ». Pour Eric Dillies, élu d’opposition Front National, « Il y a eu une absence totale d’anticipation. Si on avait pris en compte la mesure des événements depuis Charlie Hebdo, on aurait aujourd’hui une police municipale de 300 personnes armées ».