Lille: le chef de l'ONL aide des détenues à s'évader de prison

SOCIÉTÉ L’Orchestre national de Lille a donné son 19e concert derrière les murs de la maison d’arrêt de Sequedin…

Mikaël Libert
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L'ONL donne son 19e concert à la maison d'arrêt de Sequedin, près de Lille.
L'ONL donne son 19e concert à la maison d'arrêt de Sequedin, près de Lille. — M.Libert / 20 Minutes

Alerte évasion culturelle. Lundi, le chef d’orchestre de l’ONL, Jean-Claude Casadesus, est venu donner un peu de liberté aux détenues de la maison d’arrêt de Sequedin, près de Lille.

« Putain, c’était bon ! »

Après une multitude de portes et de sas de sécurité, on débouche enfin dans un gymnase, austère, comme n’importe quel gymnase. Une assemblée masculine écoute se terminer la Symphonie n°7 de Beethoven, jouée avec vigueur par 70 musiciens de l’ONL. Dos au public, un homme s’agite, une baguette à la main. Jean-Claude Casadesus. La dernière note fait trembler la salle. Tonnerre d’applaudissements. « Putain, c’était bon ! », lâche le patron de l’ONL en se laissant tomber sur une chaise.

« On donne tout, tout le temps, ici comme ailleurs. C’est une question de respect pour la musique et pour le public », assure Jean-Claude Casadesus. L’homme, qui va quitter, en septembre, la direction musicale de l’ONL, est à l’origine de cette initiative, en 1986. « J’espère que mon successeur va reprendre le flambeau sinon, je continuerai ».

Se changer les idées

Sur les 90 détenues incarcérées à Sequedin, une trentaine prend place dans le gymnase. Pour beaucoup, ce sera leur premier concert classique. Pour Cécile aussi, c’est une première. Cette violoniste de 28 ans, n’avait jamais joué en prison : « Elles ont besoin de se changer les idées. On a davantage de contact qu’avec nos abonnés habituels »..

Dès les premières notes, les pieds prennent le rythme de la musique. Certaines ferment les yeux fermés, déjà ailleurs. Vienne, Venise, le chef ne se contente pas de battre la mesure, il emporte ces femmes avec lui. « J’ai adoré ce moment de calme et de méditation, explique Valentine. Même si je suis plutôt électro d’habitude. » Le retour sur terre est brutal : direction la cellule, pour quelques mois, ou plus longtemps.