Météo: Comment le Nord stoppe l'invasion de moustiques malgré la pluie

METEO Le Département du Nord et les communes de la vallée de la Marque ont peut-être trouvé la parade contre les infestations de moustiques...

Olivier Aballain

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Une zone inondée à Fretin après l'orage du 17 juin 2016
Une zone inondée à Fretin après l'orage du 17 juin 2016 — M. Libert / 20 Minutes

Les moustiques étaient déjà bien à l’aise dans les zones humides du sud-est de Lille. La pluviométrie record de ce mois de juin aurait pu les transformer en Guyane française. « On a eu très peur après les gros orages, nous a confié une habitante du Hameau du Peuvil, à Cysoing. Mais finalement pour l’instant on n’en a pas trop vu ». Et pour cause : Le département du Nord, et les communes, commencent à bien connaître leur affaire.

  • Recette n°1 : Des traitements mieux ciblés

Fini l’épandage par hélicoptère. Le département du Nord a déployé des moyens aériens, en 2009 et 2012, pour traiter l’invasion des aedes sticticus et autres aedes vexans. Problème : le coût de ce type d’action est élevé, environ 40.000 euros, selon les services du département, sur un budget total… de 60.000 euros. « C’est impressionnant, cela rassure la population. Mais ce n’est pas très efficace, en réalité », précise Paul Christophe, le vice-président (DVD) en charge du dossier au département.
Cette année, la pluviométrie élevée du mois de juin favorise en outre un couvert végétal très dense.

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En le balançant par hélicoptère, le produit n’accéderait donc que difficilement aux mares et trou d’eau où vivent les larves. A la place, le département mobilise huit techniciens à pied, ainsi que des agents des communes et, au coup par coup, des sociétés spécialisées. « C’est un travail de fourmi, mais jusqu’ici il porte ses fruits ».

  • Recette n°2 : Une lutte naturelle

Les insecticides chimiques sont dorénavant à éviter sur les zones humides protégées. Le département fait donc appel à un agent de lutte biologique, le bacille de Thuringe. Cette bactérie s’attaque aux larves de moustiques dans l’eau, sans dommage pour les autres espèces. Et cela a peut-être joué cette année.

Paul Christophe raconte : « On a fait une petite visite le 31 mai dans le secteur de la Marque. On s’attendait à trouver beaucoup de larves, et il n’y en avait presque pas, on avait du mal à y croire. En revanche, il y avait beaucoup de bestioles, des batraciens, d’autres insectes, des hirondelles ». Et ça tombe bien car les hirondelles, grenouilles, crapauds et autres chauve-souris raffolent des moustiques. Une véritable armée en campagne.

  • Recette n°3 : La réactivité.

Lors des précédentes infestations de moustiques, le Département a appris qu’il fallait agir vite, dès qu’une poussée était détectée. Le délai d’intervention est désormais inférieur à 24h, afin que le produit utilisé soit réellement efficace. Un réseau de surveillance a été mis en place, avec l’appui de nombreux acteurs de terrain. « On reste en veille jusqu’à la fin de l’été, garantit Paul Christophe. Vous savez, il suffit d’un gros orage et ça repart… »

  • Recette n°4 : La prévention.

Les riverains des marais ont été peu à peu sensibilisés aux bons réflexes. « On fait attention à vider les pots, à couvrir les cuves de récupération des eaux de pluie », explique Sophie, qui habite près des marais, à Fretin. « On sait que c’est là-dedans qu’ils peuvent survivre ». Décidément, ces petites bêtes ne sont plus chez elles nulle part.