VIDEO. Eurotunnel se dote de drones «militaires» de surveillance

SÉCURITÉ L’exploitant du Tunnel sous la Manche a enrichi son arsenal de surveillance pour traquer les intrusions depuis le ciel…

Mikael Libert

— 

Un drone IT 180 du constructeur ECA.
Un drone IT 180 du constructeur ECA. — ECA

Périmètre bouclé. Le groupe Eurotunnel a annoncé, lundi, que du nouveau matériel de surveillance avait été acquis sous la forme de deux drones de conception militaire. Ces engins volants sans pilote viennent en complément des nombreux autres systèmes de protection du terminal transmanche, à Coquelles, dans le Pas-de-Calais.

Rapidité d’intervention

Les 650 hectares du site Eurotunnel regorgent de systèmes de protection. Clôtures, 500 caméras de vidéosurveillance, 300 vigiles privés et des patrouilles de police présentes à l’extérieur. Pour compléter le trousseau de la mariée, deux drones, déjà opérationnels, peuvent être déployés à tout instant en « complément » du reste a déclaré Eurotunnel.

Equipés de caméras thermiques, ils serviront à suivre « toute tentative suspecte d’intrusion » explique l’exploitant du Tunnel. « Le drone nous permettra d’intervenir plus rapidement pour assurer la sécurité des migrants mais aussi celle du site », a complété Jacques Gounon, le PDG d’Eurotunnel.

Drones « made in France »

Les machines en question sont des modèles Infotron IT 180 du constructeur français ECA. « C’est une plateforme qui a été développée à la base pour la Défense mais que nous utilisons aussi largement pour nos clients civils », détaille Meliha Bouchez d’ECA. La conception en birotors contre-rotatifs superposés rend ces drones particulièrement résistants aux conditions difficiles. « Ils peuvent voler avec des vents de plus de 60km/h, dans le froid et sous la pluie. Ils peuvent être entièrement programmés et même voler de nuit », poursuit-elle.

Et tout cela a un coût : « Cela dépend de l’équipement embarqué mais il faut compter entre 300.000 et 500.000 euros par machine », assure Meliha Bouchez. Une goutte d’eau sur les 20 millions d’euros consacrés par Eurotunnel à la sécurité.

Ambitions et réglementation

Mais toutes les possibilités de ces engins pourraient ne pas être exploitées. En effet, une source à l’Aviation civile (DGAC) a confirmé à 20 Minutes qu’en l’état actuel de la législation, les drones sont interdits de vol de nuit. Il se pourrait aussi qu’Eurotunnel ne puisse pas faire voler ses engins aux altitudes annoncées de 100 à 150m. D’ailleurs, toujours selon cette source, la DGAC n’était même pas au courant que l’exploitation des drones avait débuté, le dossier déposé par Eurotunnel n’étant pas finalisé. Contacté à ce sujet, le groupe n’a pas donné suite.