Brexit: Doit-on en craindre les conséquences dans les Hauts-de-France?

ROYAUME-UNI La décision des Anglais de quitter l’Union Européenne pourrait avoir des conséquences directes sur la région des Hauts-de-France…

Mikael Libert

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La région va-t-elle souffrir de la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union Européenne?
La région va-t-elle souffrir de la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union Européenne? — AFP

Plongée dans l’incertitude. Le monde a pris une claque après l’annonce que l’Angleterre allait quitter l’Union Européenne. La région Hauts-de-France, porte d’entrée du Royaume-Uni sur le continent, doit-elle redouter les effets du « Brexit » ? Le point sur trois thèmes qui posent question.

> Industrie

Pragmatique, Thaddée Segard, PDG de la société « French deals » assure que cela ne va finalement pas changer grand-chose : « Comme n’importe qui, un industriel ne va pas s’engager sur des contrats sans avoir de visibilité sur du long terme, reconnaît-il. Mais il y a aussi la réalité des faits. Par exemple, l’Angleterre, par sa taille, ne peut pas produire assez de nourriture pour tous ses habitants. Elle continuera donc de se fournir ailleurs et, notamment, chez nous ».

Pour Philippe Hourdain, président de la chambre de commerce (CCI) régionale, « Pas de panique. Ce qui est une très mauvaise nouvelle peut se transformer en opportunités pour les Hauts-de-France ». Un avis partagé par Eurotunnel, qui voit dans la dévaluation de la Livre un frein pour ses concurrents et la baisse de sa dette dans cette monnaie.

> Tourisme

En 2015, les touristes britanniques ont dépensé 255 millions d’euros dans la région. « Si la Livre est dévaluée, les Anglais vont perdre du pouvoir d’achat, mais ils continueront de partir en vacances », affirme Thaddée Segard. Les commerces calaisiens pourraient souffrir des termes d’accords de libre-échange et de libre circulation des biens et des personnes qui restent à établir. Jusqu’à présent, les Britanniques pouvaient acheter de grandes quantités d’alcool par exemple, mois cher en France que chez-eux. Si le principe du « duty free » devait réapparaître, les volumes autorisés seront drastiquement réduits.

Il y a aussi la question des visas. « Ce ne sera pas forcément nécessaire, avance Philippe Hourdain. Il suffit de voir comment cela se passe entre la Suisse et la France ».

> Migrants

Xavier Bertrand, président de la région, a été le premier à mettre le sujet sur la table en demandant la renégociation des accords du Touquet. Depuis, d’autres politiques lui ont emboîté le pas. Mais ce traité, qui pose la frontière Anglaise côté Français, n’a rien à voir avec l’Europe. Pour Thaddée Segard, « les transporteurs devront toujours vérifier que leurs passagers sont bien en règle avant de traverser la Manche. Ça ne changera donc rien ».