Lille: Immersion olfactive au Palais des Beaux-Arts

CULTURE Le musée Lillois invite les visiteurs à découvrir une sélection d’œuvres avec les yeux et le nez…

Mikael Libert

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Visite olfactive au Palais des Beaux-Arts de Lille?
Visite olfactive au Palais des Beaux-Arts de Lille? — M.Libert / 20 Minutes

L’odeur de l’art au petit matin. Le Palais des Beaux-Arts de Lille propose une autre manière de découvrir certaines œuvres de sa collection permanente à travers des visites olfactives. Ainsi, dimanche matin, une vingtaine de personnes s’est laissée envoûter par les histoires de Pascale, la guide, et les fragrances de Caroline, parfumeur.

Traduire une œuvre par l’odorat

Chaque membre du petit groupe, muni d’un petit siège, se rassemble dans le hall du musée pour un rapide briefing. Caroline Caron, parfumeur, se lance : « Nous allons tâcher de vous traduire une œuvre d’art par l’odorat. De montrer comment elle nous parle à travers différentes essences ». Caroline admet néanmoins que « ce n’est pas évident au premier abord ».

Ce dimanche, le thème était « printemps-été ». « Caroline a choisi des parfums de grandes maisons en rapport avec le thème et je me suis occupé de trouver les œuvres », glisse la guide, Pascale Wattine.

Narcisse et Issey Miyake

Le premier arrêt s’effectue face à une représentation de Narcisse par le sculpteur Ernest-Eugène Hiolle. D’un sachet, le parfumeur sort de petites languettes qui sont distribuées à l’assistance. « Ce sont des touches olfactives, explique Caroline. Sur la première se trouve le parfum et sur la seconde, l’un de ses ingrédients ».

« Cette fragrance d’Issey Miyake comporte des touches aquatiques, poursuit Caroline. Le cœur du parfum est le nénuphar ». « La forme du corps de Narcisse évoque une vague, enchaîne Pascale. Mais cette sculpture représente aussi la beauté, la nature ».

De l’interprétation

Au cours de la visite, Caroline détaille les secrets de son métier, qu’elle compare volontiers à celui d’artiste : « Le travail d’un parfumeur, c’est essentiellement l’interprétation d’une réalité que l’on ne peut pas toujours capter ».

Les avis et les questions fusent. « On a l’impression de sentir le tableau », lance l’un des seuls hommes du groupe. « Doit-on rester fidèle à un parfum toute sa vie ? », s’interroge, hors sujet, une participante. La visite terminée, il restait dans le musée un sillage invisible teinté de rose et de vétiver.