Infanticide à Berck: La personnalité de Fabienne Kabou passée au crible

JUSTICE Le troisième jour de procès de Fabienne Kabou a évoqué le profil psychologique de cette la mère accusée de l'assassinat de sa fille à Berck...

A Saint-Omer, Gilles Durand

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Croquis d'assises de Fabienne Kabou
Croquis d'assises de Fabienne Kabou — AFP

Pourquoi Fabienne Kabou a-t-elle tué sa fille ? La question n’a pas trouvé de réponse définitive au terme du troisième jour d’audience où le profil psychologique de cette mère accusée d’infanticide a été passé au crible.

Dans la matinée, un expert en informatique avait fait parler la mémoire des ordinateurs de famille. L’après-midi, c’était au tour du juge d’instruction, puis d’un expert psychologue d’évoquer la personnalité de ce « personnage inhabituel »

Intelligence supérieure à la moyenne

« Si elle n’avait pas donné son nom à l’hôtelier, on aurait sans doute eu beaucoup de mal à sortir ce dossier », souligne, à la barre, Hervé Vlamynck, le juge qui instruit l’affaire. Pourquoi Fabienne Kabou n’a-t-elle donc pas caché son identité ? Comment fonctionne cette femme ?

L’expert psychologue se lance. « Elle est d’une intelligence supérieure à la moyenne, mais possède des éléments de nature obsessionnelle », note-t-il. Selon lui, elle a aussi un rapport difficile avec son père à qui elle reproche d’avoir quitté sa mère pour une femme qu’elle traite de « dragon ».

La grossesse ? Elle n’était pas souhaitée. « Mais elle a fait l’autruche car elle ne voulait pas avorter à nouveau, explique le psy. Sa maternité s’est inscrite dans sa difficulté familiale. »

L’adhésion à des croyances culturelles ?

Son passage à l’acte ? « On aurait dit que j’avais le vent dans le dos », a raconté Fabienne Kabou lors de l’instruction. « Elle souffre d’un trouble de la personnalité et se dit victime d’un contexte magico-religieux qui l’aurait poussé à agir », confirme le psy.

L’adhésion à des croyances culturelles du Sénégal dont elle est originaire ? Le juge d’instruction n’y croit pas. « Elle ment beaucoup », glisse-t-il. « L’enfermement dans le mensonge peut conduire au meurtre, on l’a vu avec l’affaire Romand », avance l’expert psychologue.

Une analyse hasardeuse

Le matin même, un enquêteur s’était laissé aller à une analyse hasardeuse : « Adélaïde était un cadeau reçu avec plaisir, mais dont Fabienne Kabou s’est débarrassée quand elle s’en est lassée ». Colère de l’avocate de la défense, Fabienne Roy Nansion.

Cette dernière avance une autre hypothèse : «L’extraction des données informatiques nous apprend qu’elle consultait des sites pour apprendre comment être enceinte, comment s’occuper d’un bébé…. Elle a appris à être une mère sur internet car il n’y a aucune femme autour d’elle. C’est une femme complètement seule. »