Box-office: L'été sur la bonne pente pour «Bienvenue à Marly-Gomont»

CINÉMA Le film tiré des aventures de la famille d'un médecin congolais dans la campagne picarde constitue la bonne surprise du box-office français en juin...

Olivier Aballain

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Image tirée du film «Bienvenue à Marly-Gomont» sorti le 8 juin 2016
Image tirée du film «Bienvenue à Marly-Gomont» sorti le 8 juin 2016 — Mars Distribution

Le film français de l’été 2016 nous vient peut-être du fond de la Picardie. Bienvenue à Marly-Gomont, le long-métrage inspiré des aventures de la famille d’un médecin noir dans la campagne picarde des années 1970, a en tout cas gagné sa place sur les écrans français.

Les cinéphiles de la première semaine de sortie, du 8 au 14 juin, ont placé le film au 4e rang dans l’hexagone avec 174.000 entrées. Et sa bonne tenue en 2e semaine (une baisse limitée, -25 % d'entrées) a suscité l’intérêt des exploitants : Le nombre de copies envoyées par le distributeur va presque doubler le 22 juin, passant de 280 à… 473. Et ce, à quelques jours de la Fête du cinéma (26-29 juin)…

« Je pense que le film restera à l’affiche tout l’été, on se retrouve dans la configuration d’un vrai succès populaire », se réjouit le directeur des ventes chez Mars Distribution (qui a notamment accompagné La Famille Bélier). Thierry Laurentin se dit d’ailleurs « ravi qu’un film qui porte ces valeurs, (…) et aborde la question de l’immigration de façon harmonieuse, apaisée, rencontre un tel succès ».

Il avait déjà rencontré le succès sur le net

Le scénario, écrit par le rappeur/comique nordiste Kamini Zantoko, raconte l’arrivée de sa famille congolaise à Marly-Gomont, dans l’Aisne, en 1975, à la suite de l’installation de son père médecin. Le Dr Seyolo Zantoko mettra du temps à se faire accepter, mais à force de patience (et de science), il est devenu une figure reconnue du village.

« Tout le monde se retrouve dans l’histoire que raconte le film, que ce soient des enfants d’immigrés ou des gens qui ont simplement déménagé, quitté leur région d’origine », explique Kamini Zantoko.

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Pour les historiques du Net, le succès du film n’est d’ailleurs qu’une demi-surpise : L’histoire avait inspiré le premier gros buzz du net français en 2006 avec le clip de rap « Marly-Gomont ». Et à Marly-Gomont, on s’en souvient encore. « Ça a été incroyable, les touristes, les émissions de radio en public, on a vu beaucoup de monde, ça faisait du bien », se rappelle Anne Carlier, qui tenait un café à l’époque.

Vers les 700.000 entrées… Voire plus

Mais ce qui est encourageant, c’est que le succès est aussi vif en Île-de-France (27 % des entrées) qu’en Province, alors que certains en faisaient d’abord un film régional. « En réalité, en banlieue, il y a aussi beaucoup de gens qui se sentent concernés par le film », analyse Thierry Laurentin.

La barre des 300.000 entrées minimum, espérée par la production pour être bénéficiaire, a été atteinte en deux semaines seulement, et aujourd’hui Mars Distribution table plutôt sur 700.000 entrées. « Chez nous on appelle ça un “sleeper”, un petit film discret au début, mais qui ne dort que d’un œil. Quand il y a un engouement comme ça, ça peut aller encore plus loin ».