Nord: Arc International annonce 250 millions d''investissements franco-russes

ECONOMIE Le fonds souverain russe fait son entrée dans l'entreprise nordiste Arc International...

Gilles Durand

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Le site d'Arc International à Arques, dans le Pas-de-Calais. (Archives)
Le site d'Arc International à Arques, dans le Pas-de-Calais. (Archives) — Fievez / SIPA

L’apport de nouveaux capitaux était attendu. Le fabricant verrier nordiste Arc International a annoncé, ce vendredi, qu’un accord de principe avait été signé « sur un investissement d’un montant pouvant s’élever jusqu’à 250 millions d’euros ». L’opération a été menée par un consortium réunissant le Fonds russe d’investissements directs ( RDIF) et CDC IC, une filiale de la Caisse des Dépôts.

Plus accès aux banques françaises

« Cela va nous permettre d’augmenter la capacité de production, d’améliorer la productivité et d’accélérer le programme d’innovation du site français d’Arques et de nos autres usines dans le monde », souligne Tim Gollin, président exécutif d’Arc. Depuis la reprise, au printemps 2015, par la société américaine PHP, l’entreprise d’Arques, dans le Pas-de-Calais, n’avait plus accès aux banques françaises pour investir.

« En Russie, ce programme d’investissements pourra permettre le développement des équipements de production existants ainsi que la construction à Kaliningrad d’une nouvelle verrerie à la pointe de la technologie », annonce aussi le communiqué d’Arc International.

Le risque de voir la dette s’envoler

Pour la CGT, « cette annonce est plutôt une bonne nouvelle dans l’objectif de la montée en puissance nécessaire de la production ». « Ça montre une volonté des actionnaires d’avancer très vite, mais nous veillerons à ce que les investissements se fassent prioritairement à Arques », précise Frédéric Specque, secrétaire (CGT) du comité d’entreprise.

Du côté de la CFDT, on se montre plus prudent : « Reste à savoir à quel taux d’intérêt se monte cet investissement. Il y a un risque de voir la dette de l’entreprise s’envoler à nouveau ». Par ailleurs, le syndicat déplore un climat social « peu gai ». « On a affaire à des financiers et non des industriels et ça se ressent dans la façon de diriger l’entreprise », regrette la CFDT.

Arc emploie 10.000 collaborateurs dans le monde, dont 5.200 à Arques, où se trouve la maison mère. Ses produits des arts de la table se vendent dans 160 pays.