11-Novembre: Il y a cent ans, des footballeurs anglais se battaient jusqu'à la mort en Artois

CENTENAIRE Le match Angleterre-Galles rappelle qu’il y a un siècle, des joueurs professionnels britanniques avaient déjà foulé la terre d’Artois pour participer à la Première Guerre mondiale…

Gilles Durand

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L'équipe de Bristol Rovers en 1912-13. WilliamH.P. Westwood se trouve sur la rangée du haut, au 4e rang en partant de la gauche.
L'équipe de Bristol Rovers en 1912-13. WilliamH.P. Westwood se trouve sur la rangée du haut, au 4e rang en partant de la gauche. — DR

EDIT: A l'occasion du centenaire de l'armistice de la Première guerre mondiale, nous vous proposons de relire cet article paru lors de l'Euro de football, en juin 2016.

Il y a cent ans, la présence de footballeurs britanniques sur le sol d’Artois n'avait rien de sportive. A quelques heures du match Angleterre-Galles qui doit se disputer à Lens, jeudi, à 15 h, 20 Minutes a retrouvé l’histoire d’un joueur de football professionnel anglais qui a péri sur le champ de bataille… non loin de Lens.

Tué le 3 mai 1917

Au début de la Première Guerre mondiale, les joueurs de football professionnel britanniques étaient protégés par leur statut, inédit en Europe. Ils n’étaient pas mobilisables. Or, cette situation ne va pas durer. Lors de la saison 1914-15, deux bataillons de footballeurs professionnels sont créés en Angleterre. En novembre 1915, les premiers joueurs partent dans le nord de la France, à Loos, pour combattre.

Ce sera le cas de William H.P. Westwood, professionnel dans le club de Bristol Rovers, le club le moins huppé de Bristol. Il est enrôlé à la fin de la saison 1914-15 dans un régiment d’infanterie du Yorkshire. Lors de la bataille d’Artois, il est porté disparu au cours de l’assaut de la ligne Hidenbourg, à Bullecourt, près d’Arras, le 3 mai 1917. Il avait 35 ans. Son corps n’a jamais été retrouvé.

« Quand il remontait à la surface, il jouait au foot »

Le lien avec Lens ne s’arrête pas à là. William Westwood travaillait dans une mine de charbon à Conisbrough, petite ville près Doncaster dans le nord de l’Angleterre. « Quand il remontait à la surface, il jouait au foot. C’est comme ça qu’il a fini par être repéré par une équipe professionnelle. Comme les joueurs de Lens », raconte son petit-neveu, en visite l’an dernier sur les champs de bataille de l’Artois.

Comme William Westwwod, cinq autres joueurs pros de son bataillon d’infanterie trouveront la mort dans le nord de la France. L’Ecossais Sandy Turnbull, prolixe attaquant de Manchester City, puis Manchester United, sera d'ailleurs tué le même jour que William Westwood, lors de la même attaque.