Lille: La faillite du club de rugby lillois se répercute sur les joueurs

RUGBY Depuis le dépôt de bilan du LMR, certains joueurs de l'équipe première se retrouvent dans des situations financières difficiles...

Gilles Durand

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Le LMR aura poussé en vain.
Le LMR aura poussé en vain. — G. Durand / 20 Minutes

Il y a un an, les joueurs du LMR célébraient la montée en Pro D2 enfin décrochée. Ce jeudi soir, ils organisent un pot d’adieu avec les bénévoles du club. Entre-temps, la folie des grandeurs du club de rugby lillois a abouti, en avril 2016, au dépôt de bilan et à la disparition pure et simple du LMR, laissant sur le carreau des centaines de pratiquants.

Vivre sans salaire, ni indemnité

« On n’a même pas eu le temps de dire au revoir aux supporteurs sur le terrain », déplore Guillaume August, porte-parole des joueurs. La chute a d’ailleurs été particulièrement sévère sur le plan humain. « Les salaires ne sont plus versés depuis le mois de janvier, l’assurance a compensé pendant deux mois, mais c’est tout. Ceux dont les loyers étaient payés par le club se sont retrouvés à la rue », raconte le 2e ligne.

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Une situation difficile qui a pu être gérée grâce à la solidarité au sein de l’équipe. « Nous avons su rester soudés et nous nous sommes beaucoup entraidés », glisse Guillaume August qui vit aujourd’hui avec de gros découverts. « Heureusement que mon banquier est compréhensif », plaisante-t-il.

Des contrats considérés comme suspects

Si la plupart des joueurs ont retrouvé un club, il reste un problème à régler : le versement des indemnités. Le tribunal de commerce a acté la date de cessation de paiement du club en mars 2015, date où la première facture n’a pas été honorée, en non en avril 2016, date du dépôt de bilan. L’assurance considère donc que tous les contrats signés depuis mars 2015 sont suspects et refuse de payer les indemnités. La bataille juridique va être longue.

Après dix ans au LMR, Constant Justumus a choisi, pour sa part, de tirer un trait provisoire sur le rugby : « A 31 ans, cet événement malheureux accélère ma reconversion. Ça va être dur quand on va cesser de se voir avec les copains pour s’entraîner, comme c’est encore le cas ».

« Je vais pleurer en repartant »

Ce jeudi soir, les cœurs seront lourds au moment de se dire au revoir. « J’ai passé quatre années magnifiques dans ce club. J’ai fait des rencontres fabuleuses. Je n’ai pas pleuré en arrivant dans le Nord comme on a coutume de dire, mais, c’est sûr, je vais pleurer en repartant », avoue Guillaume August, originaire des Landes.

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Une soirée pour sceller définitivement le temps des regrets. « La victoire en match de préparation contre Aurillac, un club de Pro D2, au début de la saison, était un signe de la qualité rugbystique de notre équipe. D’autant qu'Aurillac a failli monter en Top 14. Or, dans le rugby moderne, la gestion doit être tout aussi efficace », souligne Constant Justumus. Faute de quoi, comme dans une entreprise classique, ce sont les employés qui trinquent les premiers.