En réunion publique dans le Nord, Sarkozy veut combattre «l'esprit de renoncement»

POLITIQUE L'ancien président Nicolas Sarkozy continue de préparer sa candidature à la primaire de la droite en vue d'une revanche en 2017...

Olivier Aballain

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Nicolas Sarkozy et ses soutiens à Saint-André-Lez-Lille le 8 mai 2016.
Nicolas Sarkozy et ses soutiens à Saint-André-Lez-Lille le 8 mai 2016. — O. Aballain

Le Nord est l’un de ses terrains de jeux préférés. Nicolas Sarkozy y a tenu son premier meeting lors de la présidentielle 2012, il y a annoncé sa candidature à la tête de l’UMP (devenu Les Républicains). Il y a tenu un nouveau galop d’essai en vue des primaires de la droite, ce mercredi 8 juin dans le Nord, à deux pas de Lille.

Dans une salle aménagée au sein d’une ancienne filature, l’ancien président a tenu une « réunion publique » en forme de petit meeting présidentiel. Avec les mots-clefs qu’on lui connaît.

  • L’identité

Il a ouvert son discours sur le thème qui avait clôturé son mandat en 2012. La France, ses paysages, son histoire « plus que millénaire », doit combattre « l’esprit de renoncement ». Nicolas Sarkozy fait remonter la « maladie » à mai 1968. « Il est interdit d’interdire », « jouissons sans entrave » : « Ici a commencé le désastre », tout simplement.

Solution : se retrouver autour de la Nation, et refuser la « religion des communautés », la « tyrannie des minorités ».

  • « Chrétien »

Nicolas Sarkozy veut parler des problèmes d’immigration : « Si vous dites qu’il y a des Molenbeek dans les banlieues françaises (comme l’a dit le ministre nordiste Patrick Kanner) vous jetez de l’huile sur le feu », « si vous parlez des problèmes d’immigration, vous êtes xénophobes ».

Nicolas Sarkozy en est certain, « le Peuple se lève ». Un « réveil de la conscience » apparu en réaction à l’immigration « communautarisée » et à l’islam, lesquels réclameraient que la majorité « accepte leurs langues, leurs valeurs, leurs mœurs ». « Les Chrétiens ne gouvernent pas la France, mais la France est un pays chrétien. »

  • L’école et le « parti pédagogique »

« Nous reconstruirons les Humanités, car l’école doit redevenir le creuset de la République française. » Nicolas Sarkozy estime que les militants du « parti pédagogique » se sont « échinés à détruire méthodiquement le respect de l’autorité, l’apprentissage de la langue, la transmission de notre histoire nationale, de nos mœurs, de nos valeurs. » La salle apprécie.

  • L’autorité

« Sans l’autorité c’est la loi de la jungle, sans l’autorité une poignée de gauchistes, debout la nuit et couchés le jour (rires) séquestrent des petits patrons, sans l’autorité le casseur fracasse la vie du paisible commerçant, sans l’autorité des bandes de salafistes répandent une idéologie délétère. »

En conclusion, Nicolas Sarkozy prononce 17 fois le mot « peuple » pour expliquer tout ce qu’il faut pour « présider ce pays ».

Dans la salle, les militants applaudissent. Mais au lieu d’une réunion publique, on a plutôt l’impression qu’ils avaient déjà choisi leur camp. Ainsi Gauthier, 19 ans, venu avec quelques amis de Lille : « C’est la première fois que j’assiste à une réunion de ce type. Mais j’ai déjà choisi de voter Sarkozy aux primaires, depuis longtemps. » Officiellement, il n’est toujours pas candidat.