Nord: Forte hausse des incidents «significatifs» à la centrale nucléaire de Gravelines

NUCLÉAIRE L'autorité de Sûreté nucléaire recense une augmentation de 160% des incidents dits «significatifs» dans la plus grande centrale d'Europe...

Olivier Aballain

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Gravelines, le 16 septembre 2011.
Gravelines, le 16 septembre 2011. — M.Libert/20 Minutes

La centrale nucléaire de Gravelines a connu de meilleures années que 2015. D’après le bilan annuel dressé par l’autorité de Sûreté nucléaire, le site nordiste a dû déclarer 13 incidents considérés comme « significatifs » en termes de sûreté, soit une hausse de… 160 % par rapport à 2014. Explications.

  • C’est quoi, un événement « significatif » ?

Sur l’échelle de gravité des événements liés à la Sûreté nucléaire, les 13 incidents listés par l’ASN se situent au niveau 1 sur une échelle de 0 à 7, le niveau 7 étant le plus grave. Cela correspond à une « anomalie » par rapport aux règles de fonctionnement imposées dans les centrales, mais sans conséquence sur les travailleurs ni l’environnement.

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Exemple : L’indisponibilité d’un générateur de secours, détectée le 26 octobre. Par ailleurs en 2015, l’ASN a répertorié 35 incidents plus mineurs, de niveau zéro, qui correspondent à de simples « écarts » à la norme.

  • Pourquoi cette hausse ?

Le nombre total d’incidents, de niveau 0 ou 1, n’a pas réellement varié : 49 en 2014, 48 en 2015 (jusqu’à 75, en 2012). Ce qui change, c’est la proportion des événements classés niveau 1. « Certains événements qui auraient pu être classés au niveau zéro, ont été réévalués à la hausse, parce que l’exploitant a trop tardé à apporter la bonne réponse », analyse François Godin, chef de division Lille à l’ASN.

Une lecture détaillée des incidents permet de constater que ce type de reclassement concerne d’ailleurs les deux tiers du total (9 événements sur 13). Exemple : la détection tardive d’un capteur défectueux dans la cuve du réacteur n°4, le 5 mai 2015. Du côté de la direction de la centrale, on précise que « de toute façon aucun incident n’est considéré comme anodin »

  • Un plan pour améliorer la tendance ?

Pour l’autorité de sûreté nucléaire, l’exploitant (EDF) doit améliorer sa gestion des dysfonctionnements. « Il y a des contrôles insuffisants, ou trop vite effectués », explique François Godin. Exemple, dont 20 Minutes a déjà parlé : les multiples redémarrages infructueux du réacteur n°2 en novembre 2015, à cause d’un blocage de vanne qui n’avait pas été correctement analysé.

« Nous avons eu une fin d’année plus difficile, avec cet arrêt de réacteur », concède la direction de la centrale. « Nous voulons améliorer l’ancrage des [principes] fondamentaux chez les salariés ». Depuis le premier janvier, un seul incident, lié à l’exposition d’un salarié au quart de la dose radioactive annuelle admissible, est à déplorer.