Lille: Le patron de la boîte libertine, la Tentation, aime cultiver le secret

PORTRAIT Rodolphe Bénureau s’apprête à célébrer les dix ans de sa boîte de nuit libertine à Prémesques, la seule de ce genre dans la métropole lilloise…

Gilles Durand

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Rodolphe Bénureau, dans sa boîte de nuit libertine, la Tentation.
Rodolphe Bénureau, dans sa boîte de nuit libertine, la Tentation. — G. Durand / 20 Minutes

D’extérieur, la bâtisse ne paie pas de mine. Aucune enseigne lumineuse, mais de grands murs gris qui trône à l’entrée (ou la sortie) de Prémesques, près de Lille. Pourtant, depuis dix ans, La Tentation est la seule boîte de nuit qui s’affiche libertine dans la métropole lilloise. En toute discrétion, le maître mot de son patron, Rodolphe Bénureau, un ancien des forces spéciales de l’armée.

« Toute ma vie, j’ai dû tenir ma langue »

C’est dire si l’homme, originaire de Saint-Nazaire, sait garder un secret. « C’est vrai que toute ma vie, j’ai dû tenir ma langue », avoue ce quinquagénaire qui prépare à célébrer, en grande pompe, le dixième anniversaire de boîte, les 10 et 11 juin. Avec close-up et saxophonistes au programme.

Pour l’occasion, Rodolphe Bénureau a mis la main à la pâte pour réaménager son établissement. Les travaux, ça le connaît. En 2006, alors qu’il est encore dans l’armée, basé à la citadelle de Lille depuis sept ans, il prépare sa retraite.

Le treillis contre le bleu de travail

« Le milieu de la nuit m’a toujours fasciné », note-t-il. Il se décide à racheter la discothèque L’Apsara, à Prémesques, anciennement le Privilège, une des premières boîtes de nuit ouvertes par Franck Duquesne. « J’ai posé le treillis pour enfiler le bleu de travail. Pendant quatre mois, j’ai refait moi-même le gros œuvre pour transformer l’endroit en boîte libertine », raconte-t-il.

La Tentation, vue de l'intérieur.
La Tentation, vue de l'intérieur. - R. Benureau

Un changement radical de vie pour cet ancien militaire, dont la mission était parfois de récupérer des otages à l’étranger. « Je ne me souviens plus de cette époque », affirme-t-il, le sourire en coin. La mémoire lui fait aussi défaut lorsqu’il s’agit d’évoquer sa clientèle. « Environ 5.000 couples, mais je ne demande jamais le livret de famille », lâche-t-il.

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DSK ? Il ne souvient pas l’avoir vu. En revanche, des vedettes du X comme Brigitte Lahaie, Rocco Siffredi, Clara Morgane ou encore la Cicciolina sont déjà venus lui rendre visite, à l’en croire. « Au début, j’ai eu du mal à faire mon trou car il faut se faire connaître sans publicité », note Rodolphe Bénureau. Le bouche-à-oreille a fonctionné. « Surtout la bouche », tient-il à préciser.