Ligue 2: Au RC Lens, on ne rigole pas avec Twitter

FOOTBALL Insulté sur le réseau social, un salarié du club a décidé de poser plainte pour diffamation contre des internautes...

Francois Launay
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Le RC Lens pourrait retrouver des couleurs
Le RC Lens pourrait retrouver des couleurs — m.libert / 20 minutes

Quand on est supporter du RC Lens, il vaut mieux y réfléchir à deux fois avant de tweeter. C’est ce qu’a appris Clément Réal à ses dépens. Il y a un mois, le jeune supporter des Sang et Or, adepte du réseau social, reçoit un appel de la gendarmerie de Vimy (Pas-de-Calais) suite à une plainte déposée par un salarié du club nordiste.

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« J’avais l’impression que les gendarmes étaient en train de démanteler un réseau terroriste »

« Les gendarmes m’ont demandé de passer les voir car ils avaient des questions à me poser. Et c’est là que j’ai appris que Patrick Valcke (chargé de la communication du RC Lens), avait porté plainte pour diffamation contre des supporters. Pendant une heure et demie, trois gendarmes m’ont interrogé. Ils m’ont montré des captures d’écran Twitter sur lequel il y avait des montages Paint où le dirigeant était caricaturé ».

« J’avais l’impression que les gendarmes étaient en train de démanteler un réseau terroriste mais en fait je n’avais fait que retweeter des montages », ironise Clément Réal qui reconnaît quand même avoir insulté le dirigeant.

Trois personnes placées en garde à vue

« Je ne le nie pas. Par contre, je trouve tout cela disproportionné. Ça m’embête de voir qu’on mobilise les moyens de la police et de la justice pour des trucs aussi ridicules. C’est absurde. Twitter, c’est une cour de récré où règne le second degré. Ce n’est pas méchant. J’ai décidé de parler car cette histoire est absurde. En plus, je trouve que c’est un abus de pouvoir venant de personnes qui ont des connexions dans ce milieu », se défend l’internaute dont le téléphone a été saisi par les gendarmes.

Comme lui, d’autres supporters sont poursuivis par le salarié lensois. Dans cette affaire, trois personnes ont déjà été perquisitionnées et placées en garde à vue.

Des personnes qui ont juste retweeté peuvent également être inquiétés dans cette affaire car, au sens strict de la loi, retweeter veut dire approuver.

« J’ai envie d’aller jusqu’au bout dans cette affaire pour montrer à tous ces gens qu’on ne peut pas faire tout et n’importe quoi »

L’origine de la plainte remonte à plusieurs mois et à la création d’un compte parodique Patrick Valcke sur Twitter. Jusqu’ici, rien de bien nouveau sur le réseau social. Sauf que la phrase « Pédophile les semaines paires et consanguin les semaines impaires », inscrite sous son nom, a provoqué la colère du dirigeant et l’a poussé à déposer plainte pour diffamation.

« Ce n’est pas en ma qualité de salarié du RC Lens que j’ai porté plainte mais à titre personnel car c’est ma personne qui a été attaquée. Le club n’a rien à voir là-dedans. J’ai envie d’aller jusqu’au bout dans cette affaire et le plus loin possible pour montrer à tous ces gens qu’on ne peut pas faire tout et n’importe quoi », nous a répondu Patrick Valcke.

Que risquent les protagonistes ?

Aujourd’hui, l’enquête est en cours et pourrait durer encore plusieurs semaines. Mais que risquent vraiment les internautes poursuivis ?

« Dans le cas de Clément Real, il ne risque rien. Les faits d’injure publique remontent à plus de trois mois et sont donc prescrits. En plus, dans son cas, au vu des photos qu’il m’a transmis, on ne remplit pas les critères. Il n’y a aucun risque pour lui. Pour moi, c’est juste de l’intimidation », explique Gonzague Laumet, l’avocat du supporter.

« Sauf que les faits ne sont pas prescrits car j’ai déposé plainte moins d’un mois après les faits », tient à préciser Patrick Valcke

Les supporters incriminés risquent au maximum six mois de prison et une amende de 22 500 euros pour injure publique.