Industrie: Pourquoi Safran a choisi le Nord pour créer 250 emplois

ÉCONOMIE Safran, le spécialiste français des moteurs d'avion, va implanter un site de maintenance à Rosult, près de Valenciennes...

Olivier Aballain
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François Hollande, au centre, inaugure l'usine Safran-Albany de Commercy (Meuse) en 2014
François Hollande, au centre, inaugure l'usine Safran-Albany de Commercy (Meuse) en 2014 — PATRICK KOVARIK / AFP

L’industrie nordiste a encore de beaux jours devant elle. La Voix du Nord a révélé que le motoriste Safran, spécialiste de l’aéronautique, devait annoncer ce mardi son arrivée à Sars-et-Rosières, dans le Valenciennois, avec 250 emplois à la clef.

Selon le quotidien régional, la porte du Hainaut était en concurrence avec la Vendée pour l’implantation de ce site voué à la réparation et à l’entretien de moteurs d’avions exploités par Air France-KLM. C’est François Hollande en personne qui a annoncé la bonne nouvelle, avec un objectif de création de 250 emplois « qualifiés » à l’horizon de 5 ans.

Une soixantaine de postes devraient revenir à d'anciens salariés de l'usine Vallourec (550 emplois) de Saint-Saulve, près de Valenciennes, qui est  à la recherche d'un repreneur depuis fin avril.

Maintenance au plus près du client, entre Paris-Roissy et Amsterdam-Schipol

Le site sera géré par une coentreprise, dont Safran détiendra 51%, et Air France Industries 49%. Le Nord ne disposait pas, à ce jour, de site industriel Safran. Mais l’équipementier français recherche depuis plusieurs années à se renforcer dans le secteur des services, considéré comme un relais de croissance pour le groupe (+11,3 % du chiffre d’affaires en 2014).

S’appuyant sur le vieillissement annoncé des flottes d'avions, Safran affirmait, en avril 2015, vouloir adapter son «offre d’assistance» au plus près des compagnies aériennes, afin de réduire la durée d’immobilisation des appareils. Or la future plateforme nordiste sera idéalement placée entre les deux principaux hubs (carrefours aériens) d'Air France-KLM, à Paris-Roissy et Amsterdam-Schipol.

L'usine de Sars-les-Rosières doit reprendre l'activité de réparation d'aubes de compresseurs de moteurs d'avion qui était jusqu'à présent réalisée à l'étranger, notamment par une filiale de General Electric à Singapour. La nouvelle usine s'occupera, entre autres, de moteurs équipant les Airbus A320 et A380, ainsi que les Boeing 737 et 777.

Un «symbole», pour François Hollande

Cette relocalisation est, pour le président de la République François Hollande, «un symbole que l'industrie française peut répondre aux exigences d'industriels qui ont ce niveau de performance», un «symbole de la capacité du savoir-faire français».

Le conseil régional des Hauts-de-France a par ailleurs souligné qu'il soutiendrait le projet à hauteur d'un million d'euros, «sous forme d'aide à l'investissement et à la formation».