Les étudiants toujours pauvres de toits

Vincent Vantighem - ©2007 20 minutes

— 

Les douches et les W-C ne sont plus sur le palier. Le Crous de Lille a inauguré en grande pompe vendredi, la résidence universitaire Châtelet à Lille-Sud, réhabilitée après plus de deux ans de travaux. Dans son discours, Waldi Psonka, le directeur du Crous, ne s'est pas pour autant voilé la face : « Il est clair que le parc de logements est trop petit, vieillissant, voire obsolète. » De fait, les 9 075 chambres paraissent bien peu au regard des 27 000 demandes de logements qui ont été adressées au Crous à la rentrée. Pas le choix, il faut construire. Mais d'abord, il faut trouver du foncier disponible. « Et quand on en trouve, il se passe encore trente-six mois entre les appels d'offres, les procédures et les travaux avant que les étudiants ne s'installent », déplore le directeur du Crous.

Mais il ne baisse pas les bras. Objectif affiché : sortir de terre 4 000 studios dans les dix ans. Et rénover un parc qui a plus de 40 ans de moyenne d'âge. Venu vendredi découvrir les conditions de vie des étudiants, Daniel Canépa, le préfet, a compris le message : « On prévoit de doubler le budget de l'Etat consacré à la construction de ce type de résidence, assure-t-il. Et d'accélerer la rénovation ». C'est là toute la clé du problème. En deuxième année de médecine, Sarah vient de prendre ses quartiers dans la résidence Châtelet. En bordure de voie ferrée, elle apprécie dorénavant d'avoir une fenêtre qui ferme : « Quand je vois dans quelles conditions j'ai obtenu mes examens l'an dernier, je me dis que cette année, ça devrait aller sans problème. »