Procès : Le général Piquemal sera fixé sur son sort le 26 mai

JUSTICE Le général Christian Piquemal a comparu, ce jeudi, devant le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer. A l’issue des débats, le délibéré a été fixé au 26 mai…

Mikael Libert

— 

Procès à Boulogne-sur-Mer du général Christian Piquemal.
Procès à Boulogne-sur-Mer du général Christian Piquemal. — M.Libert / 20 Minutes

Quatre étoiles au pénal. Jeudi, le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais, jugeait le général Christian Piquemal pour avoir participé, et prétendument organisé, une manifestation du mouvement islamophobe Pegida, à Calais, le 6 février. La préfecture avait, elle, interdit ce rassemblement.

Quelques soutiens, vieux briscards et jeunes rasés, étaient venus accueillir l’ex-patron de la Légion à son arrivée au tribunal au cri de « Liberté d’expression ». Le général, lui, s’est présenté droit comme un « i » dans un costume sombre, entouré de nervis nerveux.

L’accusation sort le « Petit journal »

Tout l’enjeu des débats était de savoir dans quelle mesure l’ancien militaire a eu un rôle prépondérant dans cette manifestation de Pegida du 6 février. La défense argue que Christian Piquemal n’a pas entendu les sommations des policiers et qu’il n’a en rien organisé le rassemblement. Pour étayer ses accusations, le procureur de la République, Jean-Pierre Valensi, a fait projeter deux vidéos des événements, dont une du « Petit journal » de Canal plus.

« Ce visionnage est inutile, commente maître Mattei, l’un des deux avocats de la défense. C’est clairement un montage ». Applaudissements dans la salle. Et la défense a même pris la seconde vidéo à son compte : « On entend clairement le vacarme, poursuit Maître Mattei, comment vouliez-vous que le général entende les sommations des policiers ? ».

« Je regrette d’avoir été présent »

« Vous vous présentez comme la caution morale de ce rassemblement, pourquoi ne pas avoir ordonné la dispersion ? », demande le président. « Je l’ai fait, mais je n’ai pas été entendu », affirme le général. « Un homme comme vous avait-il sa place dans une telle manifestation ? », poursuit le président. « Non, je regrette d’avoir été présent dans de telles conditions », répond le prévenu.

500 euros d’amende requis

Dans son réquisitoire, le procureur a réclamé une peine de 50 jours-amendes à 10 euros, soupçonnant l’accusé d’être de mauvaise foi. La défense, elle, demande « la relaxe pure et simple » car une condamnation serait « sévère et inhumaine ». « Les événements m’ont dépassé, conclut le général, je voulais juste participer à un débat d’idées ». le délibéré sera rendu le 26 mai.