Gare d'Amiens : Le vigile auteur de violences sera jugé le 3 juin

JUSTICE Le vigile auteur de violences contre un homme en gare d'Amiens devait comparaître ce vendredi 6 mai, mais il a demandé un renvoi...

Olivier Aballain

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Un agent de sécurité tabasse un homme dans une gare.
Un agent de sécurité tabasse un homme dans une gare. — Facebook

Il voulait un peu de temps pour préparer sa défense. L’agent de sécurité poursuivi pour des violences sur un homme présenté comme un « marginal », en gare d’Amiens le 2 mai, sera jugé le 3 juin.

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Il était présenté ce vendredi, en comparution immédiate, mais son avocate Me Houria Zanovello a demandé un délai pour préparer sa défense.

« Une réaction de ras-le-bol »

L’agent a été interpellé mercredi, deux jours après les faits, et sa garde à vue a été prolongée le lendemain. Âgé de 37 ans, il reconnaît les violences. Mais il devra expliquer comment il a pu en venir à un tel déchaînement, sur un homme à terre de surcroît.

La vidéo tournée par un témoin, et postée le jour même sur Instagram, a été vue par plus de 2 millions de personnes dans les 48h qui ont suivi sa mise en ligne.

« Mon client est décrit comme une personne au profil calme », certifie Me Houria Zanovello à 20 Minutes. Selon l’avocate, l’agent de sécurité travaillait depuis deux ans en gare d’Amiens où la victime avait ses habitudes, à l’instar, dit-elle, de « certains SDF dans les gares, qui restent là de façon calme ou plus ou moins agitée… ».

Lundi à 7h du matin, le vigile était en poste depuis deux heures quand il s’en est pris à sa victime. Me Houria Zanovello cite « une accumulation de faits, d’insultes et de crachats de la part de cet homme » qui auraient « entraîné une réaction de ras-le-bol ».

Une plainte a été déposée

Sa version est implicitement contestée par les déclarations, relayées mardi par l’AFP, de l’auteur de la vidéo de l’agression. Ce témoin, qui assure fréquenter régulièrement la gare d’Amiens, dépeint la victime comme « quelqu’un de souriant ». « Je ne l’ai jamais vu agresser une autre personne ».

L’agent de sécurité, salarié de la société CGS (« Contrôle Gestion Sécurité », un prestataire privé de la SNCF), a en tout cas été suspendu dès mardi à « titre conservatoire », à la demande de la SNCF, qui a dénoncé une attitude « intolérable ».

La victime a porté plainte.

On ne sait pas encore si la SNCF compte également se porter partie civile. Sur son site Internet, son prestataire, la société CGS vante, en tout cas, sa « passion » pour « un métier d’hommes et de femmes de terrain aux valeurs solidement ancrées ».