Kamini : «Pas très connu, pas inconnu, je suis mi-connu»

INTERVIEW Devenu célèbre grâce au titre «Marly-Gomont» en 2006, Kamini revient sur le devant de la scène avec plusieurs projets...

Propos reccueillis par Cyprien Tellier (avec O.A.)

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Kamini Zantoko, humoriste, rappeur, scenariste de Marly-Gomont
Kamini Zantoko, humoriste, rappeur, scenariste de Marly-Gomont — O. Aballain / 20 Minutes

Son Marly-Gomont où « le beat est bon », c’était il y a déjà dix ans. Après cet énorme succès sur la toile (20 millions de vues cumulées), le « Ch’ticard » Kamini s’était fait un peu discret ces dernières années.

Mais il revient en force avec, entre autres, son one-man-show « Il faut que je vous explique ». À l’occasion de son passage à la Gare Saint-Sauveur ce samedi 7 mai, Kamini dévoile ses nombreux projets.

Vous montez sur scène depuis plusieurs mois pour présenter votre one-man-show. Comment cela se passe ?

Ça se passe bien. Je le joue depuis un an et demi dans des petites salles, en France et en Belgique et en Suisse, je vais le roder, et normalement, je vais faire mes premières représentations à Paris en septembre. J’y parle de ma vie, de ma vision de l’histoire… Je prends beaucoup de plaisir sur scène, le stand-up, c’est un art sincère et, à ma grande surprise, les salles sont souvent complètes. J’imagine qu’il y a un effet de curiosité par rapport à mes chansons comme « Marly-Gomont » ou « J’suis blanc ».

Justement, vous aviez acquis une notoriété énorme mais très soudaine avec ces vidéos. Dix ans après, est-ce qu’on vous arrête encore dans la rue ?

Oui ça arrive encore mais je ne cours pas après la notoriété. Si je devais définir ma célébrité, je dirai qu’elle est figée. J’ai été le premier à faire le buzz sur Internet et c’est quelque chose qui marque les gens.

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Le clip est encore en ligne en plus. Aujourd’hui, je ne suis pas inconnu mais je ne suis pas très connu non plus. Je suis mi-connu.

Les gens ne vous rappellent-ils pas sans cesse la chanson sur Marly-Gomont ?

Non du tout parce que c’est ce qui m’a permis de réaliser plusieurs choses par la suite. Marly-Gomont, c’est un peu ma carte de presse aujourd’hui (sic). C’est marrant quand les gens viennent te voir pour dire qu’ils ont vécu la même chose et qu’ils se sont identifiés à toi. Ils me disent qu’ils étaient le seul juif, le seul noir, le seul roux…

A Marly-Gomont, on vous voit comment aujourd’hui ?

Je suis le fils du docteur ! Même si j’habite maintenant à Lille, je suis fier de mes origines rurales et de la Picardie, je suis un ch’ticard moi. Ces petits bleds ont le droit d’exister, et si demain un petit jeune de Guise, Étréaupont ou Marlemperche veut se battre pour qu’on parle de lui comme Kamini, c’est très bien. Je vais jouer mon spectacle à Marly-Gomont le 21 mai, et j’ai comme projet d’y organiser un festival d’humour pour faire découvrir le stand-up aux habitants.

En plus de votre album et de votre spectacle, vous avez écrit Bienvenue à Marly-Gomont, un film qui sort le 8 juin. Pourquoi s’être lancé dans ce projet ?

C’est quelque chose qui me tient beaucoup à cœur car je voulais rendre hommage à mon père en racontant son histoire. J’ai écrit le scénario mais je ne joue pas dans le film.

La bande-annonce vient de sortir et, pour l’instant, je suis très content, j’ai eu des bons retours de la part de la presse et des spectateurs. La promo se met en place tout doucement.

Avez-vous envisagé de revenir à votre vie d’avant le titre Marly-Gomont ?

Non je n’en ai pas eu besoin. J’ai mon boulot de scénariste pour le film, untroisième album qui va sortir prochainement grâce à une campagne de financement participatif… Mais dans tous les cas, je ne serai jamais perdu. Mon père avait raison de me pousser à obtenir mon diplôme d’infirmier, si demain ça ne marche plus, je mets ma blouse et je vais bosser.