Pas-de-Calais: Un détective condamné pour avoir pisté un employé

INSOLITE Le tribunal de Béthune a condamné un détective privé qui avait placé un traceur GPS sous la voiture d’un salarié…

Cyprien Tellier

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Illustration espionnage et atteinte à la vie privée
Illustration espionnage et atteinte à la vie privée — 20 minutes - Magazine

James Bond n’a qu’à bien se tenir. Un détective privé vient d’être condamné pour avoir placé un traceur GPS sous la voiture d’un salarié, à la demande de son employeur. La Voix du Nord rapporte ce lundi que l’apprenti Inspecteur Gadget a écopé de 1000 euros d’amende devant le tribunal de Béthune, le 28 avril. L’employé pisté avait fini par repérer le dispositif.

Trahi par le traceur qu’il avait mis en place

Les faits remontent à 2011. La victime de la surveillance était en conflit avec son employeur, après 4 ans d’arrêt maladie consécutifs à un accident du travail. Le patron de la société, basée à Nœux-les-Mines, a finalement mandaté un privé pour « filer » son salarié.

Mais les méthodes du détective, qui revendique 35 ans d’expérience dans la police nationale, ne sont pas très académiques. Pour parvenir à ses fins, l’espion décide de placer un traceur GPS sous la voiture de l’employé, habitant de Cauchy-à-la-Tour, dans le but d’épier ses déplacements. « À l’époque, je ne savais pas que la pose de ce genre d’appareil était interdite », s’est simplement défendu le détective à l’audience.

Lorsque le salarié découvre le mouchard, ses soupçons se dirigent naturellement vers son employeur, avec qui la situation est tendue depuis son accident de travail. Il porte alors plainte.

Une atteinte à la vie privée ?

Selon la Voix du Nord, l’avocat de l’enquêteur a défini l’acte de son client comme « anormal mais pas pénal » car il a suivi la voiture, et non pas l’employé.

L’avocat de la victime, lui, réclame des dommages et intérêts pour préjudice moral subi par le salarié et sa femme, dont les déplacements ont, de ce fait, également été épiés.

Les magistrats en charge de l’affaire ont finalement relaxé l’employeur mais ont condamné le détective à une amende de 1.000 euros. Un second procès, au civil, va fixer le montant des éventuels dommages et intérêts.