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JUSTICELe cas de mineurs laissés à la rue faute d'argent discuté au tribunal

Lille: Le cas de mineurs laissés à la rue faute d'argent discuté au tribunal

JUSTICE
Le département du Nord, la mairie de Lille et l’Etat ont été assignés devant le tribunal administratif, vendredi, dans le dossier des mineurs du parc des Olieux…
Le tribunal administratif de Lille.
Le tribunal administratif de Lille. - M.Libert / 20 Minutes
Mikaël Libert

Mikaël Libert

Chacun se renvoie la balle. Par le biais de leur avocate, le Collectif des Olieux a déposé un référé contre le département du Nord, la mairie de Lille et l’Etat pour « non garantie de la dignité et de la protection » d’une quinzaine de mineurs isolés étrangers.

Depuis près d’un an, ces enfants vivent en effet dans un parc près de l’hôtel de ville dans des conditions d’hygiène déplorables. A l’audience de ce vendredi, chacune des parties s’est renvoyée la balle selon maître Dewaele, l’avocate du collectif.

Plus de toilettes

Malgré la bonne volonté des riverains, les 40 et 70 migrants rassemblés dans le parc des Olieux vivent dans des conditions désastreuses. Ils dorment sous des bâches, des tentes ou des abris de fortune. Les poubelles, trop peu nombreuses, débordent constamment. « Sous couvert de propreté, les services de la ville sont venus démonter les toilettes sèches en début de semaine sans rien mettre à la place », s’indigne un riverain. « Les WC chimiques que nous avions demandés n’arrivent pas, renchérit Emilie Dewaele. Ça pue ».

Et, parmi ces dizaines d’immigrés originaires de Guinée ou du Cameroun, une quinzaine sont des mineurs isolés. Pourtant, tous ont vu un juge des enfants qui les a confiés aux « bons soins » de l’aide sociale à l’enfance jusqu’à leur majorité. Le tribunal administratif avait même déjà délivré au département des injonctions d’hébergement. En vain, ils dorment toujours dehors. D’où le référé.

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« Le département ne remplit aucune de ses obligations de les loger et de leur donner à manger sous prétexte qu’il n’a plus d’argent, fulmine l’avocate lilloise. Du coup, il y a ce campement illégal dont la responsabilité incombe à l’Etat et à la ville ». Selon l’avocate, il y a urgence à agir : « Depuis le temps que ça traîne, beaucoup de riverains continuent de les aider mais certains en ont assez et deviennent agressifs ».

Ménager la chèvre et le chou

Il y a quelques mois, Lise Daleux, adjointe (EELV) à la maire de Lille, avait assuré que la municipalité voulait ménager la chèvre et le chou en réalisant des travaux d’aménagement paysager dans le parc. Le but : améliorer l’endroit pour les riverains et faire un coin aménagé pour les migrants. Mais à ce jour, personne n’est satisfait.

La décision du tribunal administratif doit intervenir, mercredi. Emilie Dewaele se dit confiante, même si elle ignore si cette nouvelle décision de justice fera enfin bouger les choses.

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