Lille : Hôteliers et plateformes de location se disputent l'Euro

EURO 2016 À l'approche de l'Euro 2016, les hôteliers s'agacent de la concurrence des plateformes de particuliers...

Cyprien Tellier, avec O. A.

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Hôtel à côté du stade Pierre-Mauroy
Hôtel à côté du stade Pierre-Mauroy — Google Street View

Le coup d’envoi de l’Euro 2016, c’est dans 44 jours. Avec six matchs disputés au Stade Pierre-Mauroy, la métropole lilloise se prépare à accueillir près d’un million de supporters et accompagnateurs. Les hôteliers, en première ligne, dénoncent néanmoins la « concurrence illégale » des plateformes d’hébergements entre particuliers.

Une concurrence jugée déloyale

La grogne a pris de l’ampleur après l’augmentation de la taxe de séjour décidée en février par la métropole de Lille (+55 centimes d’euros pour un trois étoiles). Dans le viseur : Abritel, partenaire officiel de l’UEFA, mais aussi Airbnb, tous deux accusés notamment de ne pas collecter la fameuse taxe.

« C’est injuste car ils n’ont aucune contrainte et ils ne respectent pas la législation. C’est un gros manque à gagner pour nous » explique Florence Beurotte, directrice de l’hôtel Brueghel à Lille.

Airbnb a bien annoncé cet automne qu’il allait collecter la taxe à Paris, mais le déploiement dans les autres villes de France ne sera que progressif. De son côté, Vincent Wermus, directeur général d’Abritel, s’agace de la « méconnaissance manifeste du fonctionnement des plateformes » de location entre particuliers. Pour lui, c’est net : « Il est techniquement impossible de déterminer le montant de la taxe dans chacune des 6.000 communes » qui la prélève.

Un boycott de la taxe pendant l’Euro ?

À l’initiative des syndicats hôteliers, un mouvement pour boycotter la taxe de séjour pendant l’Euro est donc en train de se dessiner dans toutes les villes hôtes de l’Euro de football, hors Paris : « Les taxis peuvent arrêter de circuler, nous c’est notre seul moyen de faire pression », soupire Florence Beurotte.

Vincent Wermus estime pourtant qu'« il y a de la place pour tout le monde ». Emmanuel Thébaux, le président du club hôtelier de Lille (et gestionnaire de trois hôtels dans la métropole), concède que les « jours de matchs sont très demandés, et que les autres dates sont aussi vite prises ».

D’ailleurs, d’après une étude de l’association de consommateurs UFC-Que Choisir, les augmentations de tarif pratiquées pendant l’euro par les hôteliers lillois sont les deuxièmes plus fortes de France, après Saint-Étienne : +108 %.