Lille: Sans hiérarchie ni pointeuse, l'entreprise CIV ne se porte pas plus mal

ECONOMIE Basée dans le Nord, la société familiale CIV a adopté un mode de fonctionnement qui pourrait la faire passer pour un Ovni dans le monde de l’entreprise…

Mikaël Libert
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L'entreprise CIV, basée près de Lille.
L'entreprise CIV, basée près de Lille. — Laurent Ghesquiere

« Bon sens ». C’est le maître mot de Jérémy Cousin, le président du directoire de CIV, une entreprise familiale spécialisée dans la construction et la mise à niveau des salles serveurs. Pourtant âgée de 42 ans, CIV fonctionne à la manière de certaines start-up anglo-saxonnes dans lesquelles hiérarchie et horaires de travail sont des notions dépassées.

En 2010, CIV a su attraper le virage des nouvelles technologies et s’est mis à concevoir des salles de serveurs pour répondre à la demande croissante de stockage liée au numérique. « Avant, nous étions davantage dans le BTP, sourit Jérémy Cousin. Si nous n’avions pas changé de métier, nous serions morts aujourd’hui ».

Le salarié comme « acteur de l’entreprise »

Sans être marxiste, ce chef d’entreprise a parfaitement conscience que c’est le capital humain qui fait la valeur de sa société : « Je ne suis qu’un maillon de l’entreprise. Mes collaborateurs et moi faisons partie d’un ensemble dont chacun est acteur », explique-t-il. Et, au-delà des belles paroles, le patron agit.

« Je suis contre le présentéisme. Ici, les salariés sont aux 35 heures, mais ils ne pointent pas et personne ne leur fera de remarque sur l’heure à laquelle ils arrivent au bureau », poursuit-il. L’organisation est faite en « trinômes » dans chaque activité. « Ce sont des groupes de trois, autonomes, sans hiérarchie, qui s’organisent en bonne intelligence pour les horaires, les vacances », annonce Jérémy Cousin.

Autonomie et responsabilisation

Les deux frères, Jérémy et Sébastien, ont donc fait le pari de l’autonomie et de la responsabilisation de leurs collaborateurs. Pari gagnant si l’on se réfère aux 30 % de croissance enregistrés en 2015. « Notre rôle de dirigeants, c’est de donner un cap. Et les équipes s’organisent pour aller dans ce sens », affirme le président du directoire.

Sur les rémunérations, l’entreprise fait en sorte que le différentiel entre les plus bas et les plus hauts salaires ne dépasse pas cinq ou six. « Qu’est-ce que je ferais de 30.000 euros par mois, s’interroge Jérémy Cousin. Je ne suis pas là pour me goinfrer ».