Centenaire de la bataille de la Somme: L'Australie martyre de la Grande guerre

HISTOIRE En perdant environ 60.000 soldats, l’Australie est l’une des nations qui a payé le tribut humain le plus lourd de la Première Guerre mondiale…

Gilles Durand

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Des témoignages d'anciens combattants australiens projetés sur la façade du mémorial à Villers-Bretonneux, lors des cérémonies d'Anzac day, en 2016.
Des témoignages d'anciens combattants australiens projetés sur la façade du mémorial à Villers-Bretonneux, lors des cérémonies d'Anzac day, en 2016. — Michel Spingler/AP/SIPA

« En marchant sur le bord d’un cratère, on peut donner par inadvertance un coup de pied dans une botte et, par la résistance, on sait qu’elle se poursuit d’une jambe et d’un pied enterrés ». D’une voix chevrotante, les témoignages filmés d’anciens combattants se succèdent sur la façade du mémorial australien de Villers-Bretonneux, près d’Amiens.

Plus de morts que les Etats-Unis

Ces récits de vie ont été les moments les plus émouvants de la commémoration d’Anzac day, célébrée ce lundi par les autorités australiennes, dans le cadre du centenaire de la bataille de la Somme. L’Australie et la Nouvelle-Zélande ont payé un lourd tribut lors de la Première Guerre mondiale : respectivement 60.000 et 18.00 morts pour une population de 5 millions d'habitants. A titre de comparaison, les Etats-Unis ont déploré 40.000 tués ou disparus.

L'ombre d'un soldat devant le mur du mémorial australien de la Première Guerre mondiale à Villers-Bretonneux, dans la Somme
L'ombre d'un soldat devant le mur du mémorial australien de la Première Guerre mondiale à Villers-Bretonneux, dans la Somme - Michel Spingler/AP/SIPA

 

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Lors de certaines batailles où les troupes Anzac (corps d’armée australien et néo-zélandais) étaient principalement engagées, les chiffres dépassent l’entendement. En juillet 1916, lors d’une attaque censée faire diversion à Fromelles, près de Lille, plus de 5.500 Australiens tombent en seulement 24 heures. Près de 2.000 périssent sur place ou des suites de leurs blessures.

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Eviter de sacrifier des soldats

En avril 1917, une seule journée de combat à Bullecourt, près d’Arras, suffit à abattre 3.300 diggers (« ceux qui creusent », surnom donné aux soldats australiens) lors d’une attaque suicide décidée par l’état-major britannique. Le carnage se poursuit le mois suivant : environ 11.000 morts ou portés disparus en quelques jours de combats mal préparés. La plupart des victimes n’auront jamais de tombe.

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Les soldats australiens réclameront jusqu’à la fin de la guerre de ne plus être commandés par des généraux britanniques qu’ils soupçonnent de les envoyer à la boucherie. Ils obtiendront gain de cause en mai 1918. A quelques mois de la fin de la guerre, le général John Monash devient chef des troupes australiennes.

Sa tactique : coordonner l’infanterie, l’artillerie et l’utilisation des chars pour éviter de sacrifier des fantassins lors d’assauts massifs comme c’était le cas jusqu’alors. En juillet 1918, l’armée australienne obtient une victoire décisive face aux Allemands à Le Hamel, dans la Somme.

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