Nord: Le Gouvernement met à flot la société du canal Seine-Nord

TRANSPORTS Le Gouvernement a acté le lancement la société de projet qui doit gérer le chantier à 4,8 milliards d'euros du canal Seine-Nord Europe...

Olivier Aballain
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Le tracé du canal Seine-Nord Europe
Le tracé du canal Seine-Nord Europe — 20 Minutes

Les premiers coups de pioche sont désormais prévus pour 2017.

Le gouvernement a entériné, ce mercredi 20 avril, la création de la « société de projet » chargée de réaliser les travaux du canal Seine-Nord Europe.


Ce nouvel établissement public, prévu par la loi Macron de 2015, réunit « l’ensemble des partenaires financiers du projet, État et collectivités territoriales », a précisé le secrétariat d’État aux Transports, dans un communiqué.

Avec un coût total estimé « entre 4,5 à 4,8 milliards d’euros », le projet sera financé à 40 % par des fonds européens. Le reste doit être alimenté par l’État (un milliard d’euros), les collectivités locales (un milliard également) et un emprunt de 700 millions d’euros environ.

Le canal Seine-Nord-Europe, qui relie le bassin parisien au réseau nord européen (et aux grands ports de la mer du Nord), sera long de 107 km et empruntera en partie le tracé actuel du canal du Nord. Les voies de ce dernier, qui mesurent actuellement de 14 à 17 mètres de large, devront être élargies à 54 mètres. En outre, six écluses et 61 ponts routiers et ferroviaires devront être construits.

Jusqu’à 180 poids lourds en un seul convoi

La nouvelle infrastructure permettra ainsi le transport de chargements de frêt fluvial qui atteindront, par convoi, jusqu’à 4.400 tonnes, soit un équivalent de près de 180 poids lourds.

Le projet est censé améliorer la « compétitivité » des ports français et des entreprises, par une baisse du coût du transport. Selon Patrick Kanner, l’un des ministres nordistes du Gouvernement, le canal contribuera ainsi au « report modal du frêt longue distance (…) de la route vers la voie d’eau, sur un corridor nord-sud en voie de saturation ».

Avant sa nomination au Gouvernement, l’élue picarde Barbara Pompili avait toutefois remarqué que « 4,8 milliards d’euros pour un report d’à peine 2 à 3 % du trafic de l’autoroute A1, c’est cher ».

Selon ses promoteurs, le canal doit aussi permettre la création de 15.000 emplois dans les territoires traversés. Le Gouvernement espère obtenir une déclaration d’utilité publique début 2017, pour démarrer les travaux la même année. La mise en service du canal est annoncée pour 2023.