Lille: Le dispensaire pour animaux empêché d'ouvrir

SOCIÉTÉ Le dispensaire vétérinaire du docteur Karine Masse n’a finalement pas ouvert ses portes, lundi. Le conseil de l’ordre lui a opposé son véto pour des « raisons juridiques »…

Mikael Libert

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Vet'Dispensaire devait ouvrir ses portes le 18 avril à Lille (illustration).
Vet'Dispensaire devait ouvrir ses portes le 18 avril à Lille (illustration). — M.Libert/ 20 Minutes Archives

Seule contre (presque) tous. A Lille, « Vet’Dispensaire », sorte de cabinet vétérinaire où les plus démunis peuvent faire soigner leurs animaux à moindres frais, devait ouvrir ses portes lundi.

Il n’en fût rien. Sous peine de sanctions disciplinaires, le conseil de l’Ordre des vétérinaires a fortement recommandé au docteur Karine Masse, instigatrice du projet, de ne pas lever son rideau.

Un planning déjà rempli

Jointe par 20 Minutes ce mardi, la vétérinaire lilloise a préféré ne pas s’exprimer. « On m’a recommandé de ne pas communiquer sur cette affaire », a concédé Karine Masse, qui garde tout de même espoir d’ouvrir un jour son cabinet.

Lors d’un précédent entretien téléphonique, cette amoureuse des bêtes aux 20 années de carrière n’avait pourtant émis aucun doute sur l’ouverture de Vet’Dispensaire, prévue le 18 avril. Le planning des premiers jours était d’ailleurs déjà complet.

Une « hors-la-loi »

Du côté du conseil national de l’Ordre des vétérinaires, l’information est confirmée. « Le projet porté par le Dr Masse, en l’état, était hors la loi, affirme Marc Veilly, secrétaire général de l’Ordre national des vétérinaires. Il n’y a que les associations de protection des animaux reconnues d’utilité publique qui peuvent ouvrir un dispensaire », poursuit-il. Le secrétaire général s’appuie sur l’article L214-6-1 alinéa 3 du code rural :

« Seules les associations […] ou les fondations […] peuvent gérer des établissements dans lesquels les actes vétérinaires sont dispensés gratuitement aux animaux des personnes dépourvues de ressources suffisantes ».

Sauf que le Dr Masse ne comptait pas pratiquer la gratuité des soins, « un modèle économique pas viable », mais plutôt des tarifs adaptés aux personnes aux faibles revenus, voire sans revenus. C’est aussi l’utilisation du terme « dispensaire » qui est reproché à la Lilloise. Un mot qui n’est pourtant pas utilisé dans ce même article de loi.

Tarifs « trop bas »

Presque paradoxalement, l’Ordre reproche aussi à Karine Masse ses tarifs, jugés trop bas : « Les honoraires des vétérinaires sont libres, à partir du moment où les tarifs n’impactent pas la qualité des soins », détaille Marc Veilly. Un grief surprenant puisque Vet’Dispensaire est destiné à ne pratiquer que les actes les plus courants : vaccination, stérilisation et chirurgie légère.

En mars, pourtant, Karine Masse avait assuré que son projet avait été plutôt bien accueilli par ses confrères. Et l’Ordre affirme n’avoir reçu aucune plainte.