Lille à la pointe dans la lutte contre la maladie de Parkinson

SANTÉ Dans le cadre de la journée mondiale de la maladie de Parkinson, 20 Minutes a interrogé le professeur Luc Defebvre, neurologue et responsable du centre Expert du CHRU de Lille…

Mikaël Libert

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Le Pr Defebvre, responsable du centre Expert Parkinson au CHRU de Lille
Le Pr Defebvre, responsable du centre Expert Parkinson au CHRU de Lille — Luc Defebvre

Un jour pour en parler, 364 pour agir. Ce lundi, c’est la journée mondiale de la maladie de Parkinson. Cette maladie neurodégénérative touche plus de 4 millions de personnes dans le monde, environ 195.000 en France et plus de 18.000 dans les Hauts-de-France. A Lille se trouve l’un des 25 centres Experts français qui est dirigé par le professeur Luc Defebvre.

Plus de 18.000 patients dans la région, est-ce un chiffre élevé ?

Oui, sans doute si l’on se réfère au nombre de cas recensés au niveau national, même si je ne pense pas qu’il y a plus de personnes atteintes dans le Nord que dans le Sud. Le fait que cette maladie soit plus fréquente chez les agriculteurs pourrait expliquer le nombre conséquent de patients dans la région. Notamment à cause des pesticides qui ont pu être incriminés dans le développement de la maladie de Parkinson.

En quoi le centre Expert de Lille est à la pointe dans la lutte contre Parkinson ?

Il y a une volonté d’homogénéisation de la prise en charge dans les 25 centres français. A Lille, nous sommes en quelque sorte un centre de recours pour les cas les plus compliqués, notamment les patients qui en sont au stade des fluctuations (tremblements). Nous allons pouvoir leur proposer des techniques plus avancées comme la stimulation cérébrale profonde ou les systèmes de pompes par voie sous cutanée ou par voie intestinale.

Est-ce que Lille est aussi impliquée dans la recherche de nouveaux traitements ?

C’est une maladie qui reste incurable à ce jour, mais les aspects thérapeutiques sont bien développés. Un essai thérapeutique, piloté à Lille, vient de commencer sur plus de 300 patients en France et en Europe. Il doit tester l’efficacité d’une substance qui a pour but d’éliminer l’excès de fer présent dans le cerveau des personnes atteintes de la maladie de Parkinson et qui contribue à la dégénérescence des neurones. Cette même substance avait déjà été testée à moindre échelle, il y a deux ans, dans notre service et les résultats avaient été positifs.