Nord: Le camp Rom de la prison de Loos perd une partie de sa surface

SOCIÉTÉ Mercredi, les services de l’Etat ont débuté une vaste opération visant à réduire la taille du camp de Roms situé sur le parking de l’ancienne prison de Loos, dans le Nord…

Mikaël Libert

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Opération de réduction de la taille du camp de Roms à Loos.
Opération de réduction de la taille du camp de Roms à Loos. — M.Libert / 20 Minutes

Fin de la trêve. Ce mercredi matin, une opération de réduction de la surface du camp de Roms de la prison de Loos, près de Lille, a commencé sur ordre de la préfecture du Nord. Il ne s’agit pas d’un  démantèlement partiel, mais plutôt d’une « reprise en main » selon la préfecture. Une nuance que les associations ont du mal à saisir.

Policiers et pelleteuses

Plusieurs dizaines de policiers ont débarqué, vers 9h, sur le site de l’ancienne prison de Loos. Ils étaient là pour épauler les services techniques chargés, à l’aide de deux pelleteuses, de réduire le périmètre du camp de Roms installé légalement sur le parking depuis 2013. « Ils veulent empêcher que d’autres caravanes s’installent alors que la tendance est plutôt à la baisse de la population du camp », fulmine Bruno Mattei de l’ONG ATD quart monde. « Ils détruisent ou embarquent les caravanes vides, mais certains de leurs occupants sont juste partis en vacances », poursuit-il.

Selon ce militant, habitué à accompagner les habitants du camp, environ cinquante personnes vivent encore coincées entre les hauts murs de la maison d’arrêt et l’autoroute A25. « La particularité de cet endroit, c’est qu’il y a essentiellement des Bulgares et des Monténégrins », explique-t-il. Et c’est peut-être cette particularité qui explique l’autre but inavoué de l’opération : expulser les immigrés en situation irrégulière.

Des clandestins épinglés

« En prétextant de simples contrôles d’identité, les policiers ont confisqué les passeports de plusieurs adultes Bulgares, assure une source présente à l’intérieur du camp pendant l’opération. A ces gens, les policiers ont remis une OQTF (obligation de quitter le territoire Français) sous trente jours ». Une démarche « normale » dans la lutte contre le séjour illégal en France assume la préfecture.

En ligne avec son avocat, Nathalie Capy, du Collectif citoyen loossois, cherche une solution pour faire stopper l’opération. « Déplacer les caravanes comme ils le font peut être considéré comme illégal puisque la préfecture n’a pas de jugement d’expulsion », explique-t-elle.

A la mairie de Loos, personne n’était disponible pour commenter l’opération qui devrait se poursuivre encore ce jeudi. Mais, depuis son élection en 2014, la maire de la commune, Anne Voituriez (DVD), a fait de la fermeture de ce camp son cheval de bataille.