Nord: A Wattrelos, les habitants d'une «impasse-poubelle» sont à bout

SOCIÉTÉ Les habitants d’une petite impasse, à Wattrelos, voient leurs conteneurs à ordures squattés, vidés par terre ou encore brûlés. Et cela fait un bout de temps que ça dure…

Mikaël Libert

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Un conteneur est déjà plein alors que les éboueurs sont passés le matin.
Un conteneur est déjà plein alors que les éboueurs sont passés le matin. — M.Libert/20 Minutes

Des ordures qui gâchent la vie. Les propriétaires d’une dizaine de petites maisons situées dans une impasse, à Wattrelos, près de Roubaix, en ont assez de payer pour les poubelles des autres. La grogne enfle et la mairie n’a pas vraiment de solution.

L’impasse Cochin, à Wattrelos, est une petite rue bordée de petites maisons d’un côté et d’un chemin arboré de l’autre. Si sa largeur autorise les riverains à y accéder en voiture, elle empêche néanmoins le passage des camions de ramassage d’ordures. Pour remédier à cela, un espace a été aménagé à l’entrée de la rue pour y loger de gros conteneurs à ordures.

Un problème international

« Ces conteneurs sont à la vue de tous, et personne ne se prive pour déposer ses déchets dedans ou même à côté », s’insurge Yann, un résident de l’impasse. Et le riverain de cibler pêle-mêle les commerçants du coin, les habitants des autres rues et même… les Belges.

C'est le lot presque quotidien des résidents de l'impasse Cochin.
C'est le lot presque quotidien des résidents de l'impasse Cochin. - C.W.

« Comme je travaille en Belgique, je sais reconnaître les sacs qu’ils utilisent et viennent déposer dans nos poubelles », confirme Justine, une autre habitante de l’impasse Cochin. Dorothée ajoute : « Personnellement, je n’ai pas encore attrapé un Belge la main dans le sac, mais ma voisine oui ».

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A la mairie de Wattrelos, cette histoire d’ordures qui traversent clandestinement la frontière est connue : « Le ramassage des ordures est plus onéreux en Belgique qu’en France, il arrive donc souvent que l’on retrouve des dépôts sauvages chez nous », reconnaît-on à la municipalité. On frôlerait donc l’incident diplomatique.

Prêt à déménager

Pour Christophe, il existe des solutions : « J’ai envoyé plusieurs mails au maire pour que l’on nous mette un local à poubelles fermé, explique-t-il. On m’a répondu que ce n’était pas possible pour une histoire de clés ». L’autre solution serait que chacun dispose de ses propres poubelles, « mais les autres habitants ne sont pas d’accord », poursuit Christophe qui, à bout, se dit prêt à déménager.

La mairie assure que la police municipale enquête régulièrement et n’hésite pas à verbaliser les contrevenants, même belges. Pour les résidents de l’impasse, des travaux ont été promis et une caméra pourrait être installée provisoirement pour démasquer les indélicats.