Nord: Quel avenir pour le rugby dans la région?

RUGBY Si le stade Pierre-Mauroy va accueillir samedi un match entre Toulon et le Racing, le rugby nordiste peine à se développer…

Francois Launay

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Lille, le 16 mai 2014. Premiere demi finale du championnat de top 14 de rugby qui opposait le RC Toulon au Paris Racing Metro au stade Pierre-Mauroy.
Lille, le 16 mai 2014. Premiere demi finale du championnat de top 14 de rugby qui opposait le RC Toulon au Paris Racing Metro au stade Pierre-Mauroy. — M.Libert/20 Minutes

Et si c’était l’arbre qui cachait la forêt ? Samedi après midi, le stade Pierre-Mauroy de Villeneuve d’Ascq va accueillir une belle affiche du Top 14 entre Toulon (3e) et le Racing 92 (2e), qui a décidé de délocaliser ce match initialement prévu sur sa pelouse de Colombes.

Sevré de rugby de haut niveau depuis de lustres, la région est de temps en temps récompensée avec des matchs de prestige. Après le XV de France en 2012, après le Stade Français en 2013 ou encore les demi-finales du top 14 en 2014, c’est au tour du Racing 92 qui investit l’enceinte villeneuvoise, le temps d’un match.

Pas de locomotive dans la région

Voilà pour les paillettes car sur le terrain, la réalité est un peu différente. En six mois, le rugby nordiste est passé du rêve au cauchemar. Avec la montée en Pro D2 du LMR gagnée sur le terrain en mai 2015, le Nord pensait avoir enfin la locomotive capable de faire définitivement décoller la pratique du rugby dans la région.

Las, Lille, dont la montée a été refusée pour raisons financières, a déposé le bilan. « On repart quasiment de zéro. Il y a beaucoup de choses à raccommoder. La LMR était une locomotive sur laquelle on comptait beaucoup. Dans chaque sport, les jeunes s’identifient souvent à un club de haut niveau. Là, ce sera un peu plus difficile », reconnaît Jean-Louis Lamy, président du comité des Flandres de rugby.

>> A lire aussi : Rugby: Le LMR dépose le bilan

Derrière le LMR, qui devrait être rétrogradé d’une ou plusieurs divisions, le meilleur club de la région est Arras qui évolue en Fédérale 2. « Mais ce club n’a pas le potentiel économique que pouvait avoir le LMR avec la métropole lilloise. Il faut désormais des budgets colossaux pour jouer au plus haut niveau », constate le dirigeant nordiste.

Pas de culture rugby

Pourtant, la région a quelques arguments à faire valoir. Avec 52 clubs et 12.000 licenciés, le comité des Flandres est plutôt puissant. Surtout, avec les Hauts de France, 31 % des six millions d’habitants de la nouvelle région ont moins de 25 ans.

Autant de jeunes à aller chercher même s’il est difficile de les sensibiliser. « Le potentiel est énorme mais on est dans une région qui n’a pas de culture rugby. C’est un peu plus difficile pour faire venir les gens », avoue Jean-Louis Lamy.

Pas de soutien politique de la fédération

Plus portée sur le foot, la région aurait besoin d’un vrai coup de pouce pour développer le ballon ovale. Dans les textes, la Fédération Française de Rugby (FFR) a souvent fait part de sa volonté d’étendre le rugby au-delà de ses frontières traditionnelles du Sud. Mais dans les faits, la réalité est un peu plus différente.

« Très franchement, la FFR aurait pu faire quelques exceptions pour nous permettre de nous développer plus vite. Par exemple, elle aurait pu accepter la montée du LMR tout en les marquant à la culotte sur leurs comptes. Cela aurait été un geste politique », conclut Lamy. En attendant, le rugby nordiste continue de rester à quai.