Rugby: Au LMR, personne n'assume ses responsablilités

SPORT Les anciens dirigeants se renvoient la balle...

Francois Launay

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A Villeneuve d'Ascq, le 21 fevrier 2016 - Scene de match.
A Villeneuve d'Ascq, le 21 fevrier 2016 - Scene de match. — Gilles Durand / 20 Minutes

Ils sont au moins d’accord sur un point. Tous les anciens dirigeants du LMR sont désolés et attristés du dépôt de bilan du club. Mais, dès qu’il s’agit de dresser la liste des responsabilités, il n’y a plus personne qui assume et chacun se renvoie la balle.

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Si le club est obligé de déposer le bilan, il le doit à des dettes d’1,5 million d’euros impossibles à recouvrir. « Au terme de trois mois intensifs consacrés à l’analyse financière de la situation très difficile dans laquelle se trouve acculé le club le comité directeur a décidé de déposer le bilan de la SAS », indique la direction du club et son président Jonathan Stauber, arrivé en décembre dernier, sur le site du club.

Des dettes allant jusqu’à 600 000 euros en 2014

Mais qui a creusé ce déficit qui a conduit le rugby lillois à toucher le fond ? Pour le savoir, il faut remonter le fil jusqu’en juin 2014. A cette date, Jean-Claude Branquart, président du LMR depuis dix ans, décide de rendre son tablier. Lassé des difficultés pour ficeler un budget, il annonce que le club doit récupérer « entre 350.000 et 600.000 euros » pour pouvoir rester en Fédérale 1 et jouer la montée en Pro D2.

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Attiré par la reprise du club, Stéphane Desreumaux, ex-dirigeant du RC Lens, décide d’investir 300.000 euros et devient actionnaire majoritaire du LMR. Jean-Paul Luciani met aussi la main à la poche et devient président du LMR. Au total, près de 600.000 euros sont ainsi investis dans le club ce qui doit normalement suffire à éponger les dettes.

« J’ai fait confiance à des gens qui m’ont baladé. », estime Stéphane Desreumaux

Sauf que quelques mois plus tard, la nouvelle direction estime avoir été lésée par ses prédécesseurs. « On m’avait dit qu’il y avait un trou de 400.000 euros et en fait il s’élevait à un million d’euros. J’ai fait confiance à des gens qui m’ont baladé. J’ai fait réaliser une expertise en septembre 2014 et je me suis rendu compte de ce trou. J’ai alors dit aux anciens dirigeants qu’on se retrouvera un jour devant les tribunaux ».

« Les dettes actuelles sont imputables à la gestion des deux dernières années » ; rétorque Jean-Claude Branquart

Une attaque à laquelle répond Jean-Claude Branquart. « C’est complètement faux. J’ai toujours dit qu’il y avait entre 350.000 et 600.000 euros à investir. Je n’ai jamais dévié de cette ligne. Cette somme a bien été investie et les dettes ont donc été comblées. Mais les dettes actuelles sont imputables à la gestion des deux dernières années », rétorque Jean-Claude Branquart.

Ce n’est pas moi, c’est l’autre : difficile de s’y retrouver dans cette guerre des clans. Une chose est sûre : une dette existait bien à la reprise du club en juillet 2014. A-t-elle été creusée par le tandem Luciani-Desreumaux ? Quoi qu’il arrive, le refus de monter en Pro D2 n’a pas arrangé les choses en juin 2015

Une non-montée en Pro D2 fatale pour le club

Après avoir acquis l’accession sur le terrain, le club avait commencé à faire signer des joueurs avec des contrats revus à la hausse Mais deux mois plus tard, patatras. Mi-août, la montée du club est invalidée pour raisons financières. Le club, qui n’avait pas prévu de plan B, ne peut plus payer certains contrats.

Si une baisse de 10 % est acceptée par certains joueurs, rien n’est réglé pour autant. Les montants des contrats restent élevés et très vite le trou continue de se creuser. Ce que reconnaît d’ailleurs Stéphane Desreumaux. « Avec la non montée en Pro D2, nous avons perdu 300.000 euros », lâche l’ex-actionnaire majoritaire qui estime que le reste de la dette (1,2 million d’euros) est imputable à la gouvernance Branquart. Ce que conteste l’intéressé. Bref, personne n’est d’accord mais une chose est claire : le rugby lillois doit repartir de zéro…