Calais: 14 interpellations après une manifestation non autorisée d'un groupuscule d'extrême droite

POLITIQUE Le jeune homme qui avait brandi un fusil en marge d'une manifestation de soutien aux migrants, le 23 janvier, a été placé en garde à vue...

20 Minutes avec AFP

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Opération de démantèlement de la jungle à Calais
Opération de démantèlement de la jungle à Calais — Rob Pinney/LNP/Shutters/SIPA

Calais a été samedi le théâtre de nouvelles tensions liées à la présence massive de migrants. Une manifestation non déclarée, tôt le matin, du groupuscule d'extrême droite Génération identitaire s'est soldée par 14 interpellations.

Vers 07H00, 80 jeunes militants de Génération identitaire, munis de fumigènes, de banderoles et de pneus qu'ils ont incendiés, ont interdit l'accès à deux ponts près du centre-ville de la cité portuaire, a indiqué la préfecture. Au nombre de 130 selon un communiqué du groupuscule, ils protestaient contre la présence d'entre 3.700 et 7.000 migrants, selon les sources, dans la «jungle» à l'est de la cité portuaire.

Gardes à vue prolongées

La manifestation n'avait pas été déclarée en préfecture, ce qui a conduit les CRS à intervenir, puis disperser ses participants vers 09H00. Les autorités ont interpellé 14 personnes et saisi un camion «transportant du matériel du groupe identitaire», a informé la préfecture du Pas-de-Calais.

«Bernard Cazeneuve réaffirme la détermination du gouvernement à ne pas laisser quelques extrémistes instrumentaliser la question migratoire à Calais», a dit par communiqué le ministère de l'Intérieur samedi après-midi.

Le parquet de Boulogne-sur-Mer a rapporté en début de soirée que les gardes à vue avaient été prolongées et que la décision d'éventuelles poursuites serait prise dimanche. Le parquet a également précisé que l'une des 14 personnes en garde à vue est le jeune homme qui avait brandi un fusil en marge d'une manifestation de soutien aux migrants, le 23 janvier. Il avait été interpellé mais n'avait finalement pas été poursuivi par le ministère public.

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Durant le blocage des deux ponts, des photos et une vidéo publiées sur Twitter montraient plusieurs groupes de jeunes assis à même le sol, certains portant des banderoles «No Way» («On ne passe pas») et «Go Home» («Rentrez chez vous»), et des CRS encerclant l'un des groupes. Les banderoles «Génération identitaire» avaient en outre été déployées sur les barrières des ponts.

Recrudescence des agressions contre les migrants

Génération identitaire est la branche jeunes du Bloc identitaire, fondé en 2003 par d'anciens leaders d'Unité radicale, le groupuscule dissous un an plus tôt après la tentative d'assassinat contre Jacques Chirac par l'un de ses sympathisants lors du défilé du 14 juillet. Adepte d'actions médiatiques, très présent sur internet, le Bloc identitaire défend une vision «ethnique» et «culturelle» de l'identité européenne, avec un discours islamophobe.

«Agressions contre les forces de l'ordre, contre des automobilistes et des chauffeurs routiers, émeutes en ville, désagrégation totale du tissu social et économique - voilà ce qu'est devenu le quotidien de la ville martyre, avec une terrible accélération ces dernières semaines», a dit samedi Génération identitaire dans son communiqué.

Plusieurs associations ont fait état depuis quelques semaines de la recrudescence des agressions contre les migrants. Vendredi, cinq hommes soupçonnés d'avoir agressé des migrants à Calais en se faisant passer pour des policiers ont été mis en examen des chefs de «vol avec armes» et «transport d'armes de catégorie D» (barres de fer et manches de pioche).