Migrants: Les autorités craignent que la Manche se transforme en Méditerranée

SOCIÉTÉ La préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord lance une alerte sur le danger encouru par les migrants qui tenteraient de rejoindre l’Angleterre en traversant le détroit du Pas-de-Calais par leurs propres moyens…

Mikael Libert

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Les autorités craignent les traversées à bord de bateaux surchargés comme ici en Grèce.
Les autorités craignent les traversées à bord de bateaux surchargés comme ici en Grèce. — P.Giannakouris/AP/SIPA

Politique de prévention. Jeudi, la préfecture maritime de la Manche a publié un communiqué visant à alerter les migrants sur la dangerosité de traverser le détroit du Pas-de-Calais sur des embarcations de fortune. Dans ce sens, les moyens de surveillance des côtes ont été renforcés.

Des sites ultra sécurisés

Pour les nombreux migrants encore présents sur la Lande de Calais, les chances de rejoindre la Grande Bretagne via le tunnel sous la Manche ou en embarquant dans les ferries sont devenues quasiment nulles. Les infrastructures sont devenues de véritables bunkers, impénétrables pour le commun des mortels qui ne suivrait pas les voies « légales ». De ce fait, les autorités craignent que les migrants les plus déterminés ne se lancent dans la traversée du détroit « en prenant la mer de nuit à bord d’embarcations inadaptées, en surnombre, sans la moindre notion de navigation ».

Néanmoins, la préfecture maritime concède qu’aucune « augmentation de ce type de traversée n’a été remarquée ». Le dernier fait notable remonte au début du mois de février. Quatre Iraniens ont pu être sauvés alors que leur embarcation était en perdition au large de Sangatte. « Il y a eu aussi deux projets de traversée élaborés par des passeurs qui ont pu être déjoués dans le Cotentin », assure la préfecture de la Manche.

Une traversée à hauts risques

Côté associations, le son de cloche est un peu le même. « Dans la ''jungle'', les migrants ne parlent pas de traverser la Manche de cette manière plus qu’avant, note Maya de l’Auberge des migrants. Parfois, certains me demandent de leur acheter un bateau gonflable pour passer, mais c’est pour plaisanter. Et je leur explique à chaque fois à quel point c’est dangereux », poursuit la bénévole. Et dangereux, ça l’est en effet. « Le trajet peut sembler court, mais le trafic est extrêmement dense, les courants et les vents sont importants et la température de l’eau est très basse », explique la préfecture.

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En revanche, les associations constatent des mouvements dans la population de migrants du calaisis. « On commence à en voir de plus en plus à Cherbourg. Nous avons aussi noté des mouvements vers la Belgique », confirme la préfecture de la Manche. Des déplacements qui s’expliquent par la fermeture de la zone sud de la « jungle », le manque d’opportunités de traverser la Manche depuis le Pas-de-Calais et la moindre sécurisation des ports ciblés.