Lille: Des chercheurs subventionnés par l'Europe pour lutter contre le feu

SCIENCE Le professeur Bourbigot, et son équipe du CNRS, a obtenu une subvention de 2,4 millions d’euros de l’Europe pour mener à bien un projet de recherche sur l’élaboration de matériaux à faible inflammabilité…

Mikael Libert

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Une barrière feu sur un matériau provenant d'un avion.
Une barrière feu sur un matériau provenant d'un avion. — FireBar Concept

Il va jouer avec le feu. Serge Bourbigot, professeur à l’Ecole nationale supérieure de chimie de Lille, est parvenu à obtenir une importante subvention Européenne pour travailler sur son projet de recherche intitulé « FireBar concept » visant à élaborer de nouveaux matériaux à faible inflammabilité.

« Essayez donc de faire voler un avion en béton »

« Bien sûr que les matériaux ignifugés existent déjà, lance Serge Bourbigot. Il y a le béton par exemple. Mais essayez donc de faire voler un avion en béton », ironise ce professeur lauréat de l’ERC Advanced Grant. La problématique est donc posée : des matériaux existent, mais ils ne sont pas forcément adaptés aux usages que l’on veut en faire.

Et le Pr Bourbigot n’est pas avare d’exemples pour expliquer le cheminement de son projet : « Il y a la mousse des canapés, toxique lorsqu’elle brûle, le plastique des interrupteurs ou encore l’armature métallique des tours du World Trade Center qui, sans brûler, a perdu ses propriétés résistance mécanique à cause de la chaleur de l’incendie ». Pour le scientifique, il s’agit donc de trouver des « protections anti incendies » pour ces cas concrets et bien d’autres.

Large champ d’application

Le champ d’application des futures découvertes est très large : « On va toucher notamment au monde des transports et particulièrement à l’aéronautique où les contraintes au niveau des matériaux sont nombreuses », poursuit Serge Bourbigot. Le but est de développer des matériaux « qui ne prennent pas feu » ou, si un incendie se déclare, qui « évitent la propagation des flammes ».

La nouveauté, par rapport aux retardateurs de feu existants, c’est la volonté de développer des produits « qui répondent de manière intelligente à une sollicitation thermique plus ou moins forte », détaille le professeur. Un peu de la même manière que les déodorants qui s’activent plus ou moins en fonction de l’effort produit par leur porteur.

Dans le cadre de cette subvention, le projet FireBar Concept à cinq ans pour aboutir à des applications concrètes. Et Serge Bourbigot est confiant : « On ne part pas de rien ».