Nord: Le maire de Grande-Synthe mis en demeure par la préfecture

MIGRANTS La ville de Grande-Synthe est mise en demeure par le préfet du Nord de respecter les normes de sécurité dans le nouveau camp de migrants...

Olivier Aballain

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Le nouveau camp mis en place à Grande-Synthe pour accueillir 2500 personnes. Credit: Sarah ALCALAY/Sipa/ALCALAYSARAH
Le nouveau camp mis en place à Grande-Synthe pour accueillir 2500 personnes. Credit: Sarah ALCALAY/Sipa/ALCALAYSARAH — SIPA

Lebras de fer continue entre la ville de Grande-Synthe et le préfet du Nord. Le nouveau camp de réfugiés établi aux normes internationales dans cette commune du Dunkerquois a accueilli le 7 mars ses 400 premiers occupants, mais il est toujours dans le viseur de la préfecture.

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Lundi soir, Jean-François Cordet, le préfet du Nord, a mis en demeure le maire de présenter l’arrêté municipal qui a autorisé l’ouverture du camp, « malgré l’avis défavorable » de la commission de sécurité. Le représentant de l’État se dit « inquiet des dangers relevés » par la commission sur le nouveau camp, qui pourrait accueillir 2.500 migrants à terme.

Pour remplacer le « camp de la honte »

L’installation de 375 bungalows chauffés sur un nouveau terrain avait été décidée par le maire de Grande-Synthe, avec le soutien de Médecins sans frontières, pour remplacer le camp dit du « Basroch ». Ce dernier, qui accueillait encore plus de 1.000 migrants la semaine dernière dans des conditions totalement insalubres, était qualifié de « camp de la honte » par le préfet lui-même.

Mais Jean-François Cordet n’a cessé de batailler contre le déménagement vers un nouveau site. « La politique de l’État n’est pas de reconstituer un camp à Grande-Synthe, mais bien de le faire disparaître » pour offrir des « solutions individuelles » aux migrants, avait indiqué le préfet du Nord en février.

Des bâtons dans les roues

Damien Carême, le maire EELV de Grande-Synthe, s’est passé du soutien de l’État en montant un partenariat avec l’ONG Médecins sans frontières. MSF finance 2,6 des 3,1 millions d’euros du camp dit de « La Linière », le reste étant apporté par la communauté urbaine de Dunkerque.

Aujourd’hui la préfecture cite, « à titre d’exemple », les risques d’incendie que présentent les cabanons en bois « non agréés » mis en place pour abriter les migrants. « Je n’imaginais pas qu’ils étaient capables d’aller si loin en mettant autant de bâtons dans les roues », indiquait Damien Carême auprès de l’AFP, dans la journée de lundi.