« Un moyen de réduire la fracture sociale »

Recueilli par O. A. - ©2007 20 minutes

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Ariane Capon

Adjointe (PS) aux Ecoles à Lille.

Cette rentrée 2007 est la vingt-cinquième que vous superviserez en tant qu'adjointe aux Ecoles à Lille, et la cinquante et unième en tenant compte de votre expérience d'institutrice. Le stress est-il toujours le même ?

Oh oui. Il y a toujours des problèmes de dernière minute à régler, des fermetures de classe non-prévues, comme à l'école maternelle La Bruyère et à l'école primaire Painlevé, à Lille Sud. Et puis il y a eu l'école Florian où une classe entière s'est retrouvée sans maître pendant une demi-journée parce que l'Inspection d'académie refuse de tenir compte des inscriptions des moins de trois ans.

La situation évolue-t-elle dans le bon sens ?

Non, le travail devient de plus en plus difficile. Dans un quartier en éducation prioritaire, on ne peut pas mieux travailler avec plus d'enfants. Si la fermeture de classe est confirmée à Painlevé, il y aura entre 25 et 27 élèves par classe. C'est trop. En parallèle, on refuse de plus en plus d'enfants de moins de 3 ans, comme à l'école Florian. Ce sont des enfants de familles modestes, qui travaillent. Et où vont-ils, d'après vous ? Ils quittent l'école publique et on ne les revoit plus. Et pourtant, la maternelle est un moyen formidable de réduire la fracture sociale, en aidant le plus tôt possible les élèves les moins à l'aise.

Et vous, qu'avez-vous apporté durant toutes ces années ?

Il y a mes classes découvertes, 80 en 2006 contre 25 il y a vingt-cinq ans. Mais ce dont je suis la plus fière, c'est l'arrivée des nouvelles technologies dans les établissements. Ils sont tous connectés à Internet, cela renforce leurs liens.