Lille: Hospitaliser des nounours pour rassurer les enfants

SANTÉ L’hôpital des nounours de la faculté de médecine de Lille-II a ouvert ses portes ce lundi pour quatre jours. Cette opération annuelle vise à dédramatiser l’univers médical auprès des enfants…

Mikaël Libert

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Clément tente un suture sur son lapin qui a mal à la bouche.
Clément tente un suture sur son lapin qui a mal à la bouche. — M.Libert / 20 Minutes

Branle-bas de combat. En ce lundi après-midi, il y a une forte affluence de bouts de chou et de bêtes à poils en tous genres dans le hall de la faculté de médecine Henri-Warembourg, à Lille.

Les enfants de l’école Le Petit Prince, à Allennes-les-Marais, ont emmené leurs ours faméliques, lapins démembrés, poupées estropiées et doudous martyrisés pour une consultation à l’hôpital des nounours.

Toutes les corporations représentées

La nouveauté de cette année : toutes les pathologies pourront être prises en compte. « Nous avons réussi à réunir toutes les corporations du médical et du paramédical », explique Oriane Lefebre, élève en 2e année et co-organisatrice de l’événement. En plus des spécialités de la médecine, sont aussi présents dentistes, orthophonistes, infirmières, pharmaciens, sages-femmes…

Pour les « nounoursologues », il s’agit de faire passer aux enfants le message que, « sous la blouse blanche, il y a un être humain comme papa ou maman », plaisante Oriane. Car, même en 2016, les bambins restent méfiants envers les docteurs. « La crainte de la piqûre est toujours présente », poursuit l’étudiante.

« Pas toujours facile de trouver les mots simples »

Emilie, elle aussi en 2e année, accueille les enfants et leurs amis velus au stand « consultation » : « Ce n’est pas toujours facile de trouver les mots simples pour expliquer ce qu’est la tension artérielle ou la vaccination », concède-t-elle. La jeune femme a constaté des similitudes dans les pathologies dont souffrent les malheureuses peluches : « La plupart des ours ont mal aux bras à la suite de chutes dans les escaliers ou après avoir été écrasés par un vélo. »

Clément, 6 ans, assiste deux chirurgiens qui s’affairent sur son lapin. « Il s’est fait mal à la bouche, c’est mon frère qui l’a tapé », explique-t-il en tentant une suture sur la pauvre bête. « Moi, je n’ai pas peur des docteurs, je lui ai dit de ne pas s’en faire. »

« Je ne savais pas qu’on avait tout ça à l’intérieur »

Plus loin, un mannequin gît, ventre ouvert, sur une table. Louis, en CP, doit remettre en place les organes de la poupée. « C’est un peu bizarre, s’amuse-t-il, un intestin dans la main. Je ne savais pas qu’on avait tout ça à l’intérieur. »

Dans l’ensemble, l’humeur est plutôt détendue. Oriane confirme que l’opération doit rester « ludique » pour les enfants. D’ailleurs, à la sortie, chacun recevra un « certificat de bravoure » et l’autorisation de maltraiter son nounours un an de plus.