Des parents et membres du comité d'entente du Nord.
Des parents et membres du comité d'entente du Nord. — O. Aballain

COLLECTIVITÉS

Nord: Le département taille (aussi) dans les aides au handicap

Le département du Nord veut baisser l'aide au handicap de 10 millions d'euros en trois ans...

« Il est illusoire de croire que les personnes handicapées pourront faire grand-chose pour résorber les problèmes financiers du département. » Le comité d’entente du Nord, qui regroupe onze associations d’accompagnement des personnes handicapées, est en plein désarroi. Le département du Nord, financièrement exsangue, leur a demandé un effort de 10 millions d’euros sur trois ans.

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Le conseil départemental a voté une délibération en ce sens le 17 décembre, sans discussion préalable, selon le comité d’entente.

Davantage de maintien à domicile

Une grande partie de l’effort doit être formalisé d’ici juin via « des contrats d’objectifs et de moyens » sur trois ans. « C’est un contrat d’objectif sans moyens », soupire un membre du comité d’entente.

Pour la seule Udapei-Papillons Blancs (associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis), cela représenterait la suppression (par le non-remplacement) de 180 à 200 emplois, sur un total de 6.500 personnes employées à un poste de travail adapté. « L’effort total serait de 8,1 millions d’euros », s’alarme le président Claude Hocquet.

Les familles aussi s’inquiètent car, selon elles, l’une des solutions prônées par le conseil départemental consiste à favoriser une prise en charge au domicile. « Mais faire reporter toute la charge sur les familles, sans moyens, est impossible », estime une responsable de l’association Autisme 5962. Pire, pour le président de l’antenne Udapei du Cambrésis, « c’est une remise en cause de la loi 2005, qui pose le principe d’un accueil à égalité pour tous ».

Le département du Nord veut davantage de « transversalité »

Au département, la vice-présidente à l’Autonomie refuse de voir les familles « prises en otage ». « Les associations devraient plutôt les rassurer », estime Geneviève Mannarino, qui parle d’abord de « transversalité ».

« Nous prônons des solutions innovantes, différentes de la prise en charge collective. Il faut faire davantage participer d’autres acteurs comme les communes, les bailleurs sociaux. Ce que nous voulons, c’est favoriser une meilleure inclusion dans la société, notamment pour le handicap psychique. »

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Mais le président de l’Apajh (Association pour adultes et jeunes handicapés) Daniel Sartelet, regrette que le handicap « ne soit plus sanctuarisé » dans les budgets. « Tout le monde doit faire des efforts, répond Geneviève Mannarino, sinon ce sera la mise sous tutelle du département. Cela aurait des conséquences bien plus graves pour les associations. »

A l’antenne Udapei du Valenciennois, un responsable résume : « On nous dit : “On vous coupe la main, et si vous refusez ce sera le bras”. »