«Merci patron!»: «Je ne suis pas un martyr des médias»

INTERVIEW François Ruffin, le réalisateur du film polémique qui égratigne le milliardaire Bernard Arnault, s’explique après avoir été déprogrammé, puis reprogrammé sur Europe 1…

Propos recueillis par Gilles Durand

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François Ruffin, réalisateur du film de
François Ruffin, réalisateur du film de — Photo du film

C’est le genre de film qui ne laisse pas indifférent. Tourné à Poix-du-Nord, près de Maubeuge, le film Merci patron !, qui se moque du milliardaire Bernard Arnault, sort mercredi sur les écrans, sous le signe de la polémique après la censure lors d’une émission sur Europe 1. Le réalisateur François Ruffin, rédacteur en chef du journal satirique Fakir*, s’explique.

Comment avez-vous réagi après la censure d'Europe 1? 

Lagardère, le patron d’Europe 1, nous a offert une campagne de communication inespérée en nous écartant de l’émission de Frédéric Taddéï. Du coup, la polémique a produit un réel intérêt et nous avons eu pas mal de retours. Quelques journaux n’ont pas souhaité évoquer le film, mais j’ai été invité sur la plupart des grands médias. Franchement, je ne suis pas un martyr des médias, loin de là. D’autant que je suis finalement invité sur Europe 1, mercredi, jour de sortie du film.

Comment allez-vous aborder cette interview avec Jean-Michel Apathie ?

Cette interview ne nous a pas accordé, mais elle a été conquise. On va tenter de faire un peu de cinéma. Nous avons prévu de venir avec une caméra pour filmer ce moment. J’ai aussi publié une lettre ouverte à Jean-Michel Apathie sur le site de Fakir. J’ai minuté le temps de parole qu’il avait laissé à Bernard Arnault, quand il l’avait interviewé sur RTL en 2007. J’espère avoir le même temps de parole.

Vous vous attendiez à ce qui vous arrive ?

Pas du tout. Ce film était un défi. On n’imaginait jamais avoir un tel retour. Toutes les avant-premières étaient complètes, on a même refusé du monde. Mais c’est mercredi, jeudi et vendredi, lors des premières séances qu’on va vraiment savoir si ce film marche. Nous sommes programmés dans une cinquantaine de salles et nous avons environ 200 réservations de salles. On tente aussi de profiter de cette sortie pour faire connaître Fakir. Le dernier numéro, que nous avons exceptionnellement tiré à 150.000 exemplaires, est disponible dans les kiosques depuis samedi.

* Fakir est un journal publié à Amiens.