«Jungle» de Calais: 260 personnalités contre l'expulsion des migrants

MIGRANTS La préfecture du Pas-de-Calais a pris vendredi dernier un arrêté, ordonnant aux occupants de la zone sud du camp de quitter les lieux d’ici mardi 20h…

Olivier Aballain
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Le camp de réfugiés installé autour du centre Jules-Ferry, à Calais
Le camp de réfugiés installé autour du centre Jules-Ferry, à Calais — O. Aballain

L’évacuation programmée de la jungle n’en finit pas de faire réagir. Ce 22 février, ce sont quelque 260 organisations et personnalités qui demandent l’annulation de l’arrêté d’expulsion des migrants dans une tribune parue le 22 février dans Le Monde.

« Jungle » de Calais : La préfecture ordonne une évacuation partielle d’ici à mardi soir

« Les jours prochains, nous irons à Calais pour le clamer haut et fort : nous ne sommes pas condamnés à choisir entre la “jungle” et sa destruction », proclame le texte, écrit en réaction à l’arrêté d’expulsion de la zone sud du camp de migrants de Calais. « Nous refusons de réduire la France à des barbelés et des bulldozers ».

« Personne ne saurait accepter le maintien en l’état du bidonville de Calais »

Cette tribune est signée par 176 personnalités, dont l’humoriste Guy Bedos, la créatrice Agnès B., le cinéaste Laurent Cantet et le musicien Rodolphe Burger, et 85 organisations, parmi lesquelles la Cimade, la Ligue des droits de l’homme (LDH) et le Syndicat de la magistrature. Elle a reçu le soutien des partis Europe Ecologie-Les Verts, Ensemble ! et NPA.

La préfecture du Pas-de-Calais a pris vendredi dernier un arrêté, ordonnant aux occupants (entre 800 et 1.000 selon les autorités, 3.450 pour des associations) de la zone sud du camp dit de la Lande, de quitter les lieux d’ici mardi 20H00.

« Personne ne saurait accepter le maintien en l’état du bidonville de Calais, pas plus que du camp de Grande-Synthe (près de Dunkerque, NDLR), ni d’aucun autre », écrivent les pétitionnaires. « Pour autant, poursuivent-ils, il n’est pas question non plus de cautionner l’évacuation annoncée, non seulement parce qu’elle est inhumaine, mais aussi parce qu’elle ne résoudra rien ».

Les signataires critiquent les conteneurs du centre d’accueil provisoire (CAP) aménagé en décembre et janvier à proximité du campement.

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« Le fait est qu’il s’agit de cabanes de chantier, avec dans chacune des lits superposés pour douze personnes, où l’on ne peut qu’être debout ou couché ; toute installation de mobilier y est interdite, toute intimité impossible », affirment-ils.

Ils estiment aussi que les 102 centres d’accueil et d’orientation (CAO) mis en place en France pour désengorger Calais « ont été conçus comme des solutions à très court terme ; après leur fermeture, qu’adviendra-t-il des personnes qui y auront été envoyées ? » ?

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Les signataires accusent en fin de compte l’État de « monter » les habitants contre les réfugiés « en abandonnant les uns et les autres ».