EN DIRECT. Procès des «no border» et des migrants: les six migrants condamnés à un mois de prison, les deux agitateurs français à 300 euros d'amende

LIVE Les huit prévenus avaient tenté de s’introduire dans un ferry du port de Calais, provoquant trois heures de blocage…

Gilles Durand

— 

Un migrant dans le camp de Calais
Un migrant dans le camp de Calais — SIPA

Huit manifestants, dont six migrants, sont jugés, ce lundi, à partir de 14h au tribunal de Boulogne-sur-Mer, pour être montés sur un ferry dans le port de Calais en forçant un barrage. A l’origine de cet incident, une manifestation de migrants, de militants et de sympathisants venus de plusieurs pays européens qui avait conduit au blocage du port de Calais pendant trois heures, le 23 janvier 2016.

18 h 50: Voilà qui termine notre live. Merci de l'avoir suivi.

18 h 35 : Un mois de prison confirmé par le juge

Le président du tribunal a condamné les migrants à un mois de prison. ils sont donc sortis libres du tribunal puisqu’ils avaient purgé leur peine en détention provisoire. Les deux Français ont écopé, pour l’un de 300 euros d’amende avec sursis, et pour l’autre (dont le casier judiciaire n’était pas vierge) de 150 euros d’amende ferme.

18 h : Les juges délibèrent

Suspension d'audience pour que les juges délibèrent. Ils doivent décider si les migrants se sont introduits frauduleusement dans un ferry dans l'objectif de se rendre en Angleterre et si les deux Français  les ont incités dans cette démarche.

17 h 50 : «Ils voulaient simplement se faire entendre»

L’avocat Arnaud Leroy défend l’idée qu’il s’agissait d’une action pour se faire entendre. Selon lui, les deux No Border supposés ont, en fait, empêché les gens de se jeter dans l’eau mais n’ont pas cherché à les empêcher de quitter le navire.

17 h 40 : « Ce n’est pas un détournement de navire »

L’autre avocat des migrants, Arnaud Leroy, réclame aussi la relaxe pour tout le monde. « Si tout était mis en place pour faire traverser les migrants, alors les forces de l’ordre auraient été informées. Il est peu crédible que ces gens aient voulu se rendre en Angleterre en prenant d’assaut un bateau. »

17 h 30 : « Rien ne prouve qu’ils voulaient aller en Angleterre »

L’avocate des migrants et des supposés No Border, Emilie Leschaeve a demandé la relaxe. « On a pris les six premiers dans la foule. Ils n’ont rien fait. Il n’y a pas plus de préjudice qu’en cas de grève et de tempête » à propos des migrants. « Partager des idées, est-ce une infraction ? », à propos des supposés No Border.

17 h 10: En fait c'est 15.000 euros de préjudice d'image

On entend vraiment rien dans cette salle. La société P&O a réclamé 15.000 et non 4.000 euros de préjudice d'image.

17 h: Un mois de prison

Un mois de prison, c'est pile poil le temps de détention provisoire des migrants qui comparaissent ce jour après leur arrestation le 23 janvier 2016. Le procureur ne prend pas de risque.

16 h 52: Mille euros d'amende pour les supposés No Border

Le procureur réclame 1.000 euros d'amende pour les deux prévenus «européens» qui ont participé à cette manifestation.

16 h 50 : Prison requise pour les migrants

Le procureur : « L’objectif était clairement d’entrer dans ce bateau pour être acheminé jusqu’en Angleterre, sous la pression médiatique peut-être. La manifestation était organisée pour ça ». Il demande une peine de prison pour les migrants accusés. Sur les 26 interpellés, seuls les majeurs ont comparu. les autres étaient mineurs.

16 h 42 : Le procureur demande une nouvelle suspension de séance

Le président sort deux nouvelles personnes : « Poursuivez, monsieur le procureur, la sérénité est retrouvée »

16h 40 : Le réquisitoire du procureur interrompu

Premier clash. Le procureur demande l’évacuation de la salle. « Je ne supporte pas d’être interrompu ». Une personne du public sort de lui-même. « Je ne supporte pas ce monsieur. C’est un menteur assermenté », déclare-t-il.

16 h 38: Préjudice d'image pour P&O

La société de ferries  P&O demande un préjudice financier de 4.300 euros et un préjudice d'image de 4.000 euros.

16 h 35:  La société d'exploitation du port de Calais demande 26.740 euros de dommage et intérets

 

 

16 h 30 : Lui non plus n’est pas No border

Lui aussi est saisonnier. Il habite à Cholet, dans le Maine-et-Loire. Il réfute aussi le fait d’appartenir au mouvement No Border. il n’a pas de casier judiciaire contrairement à l’autre prévenu qui a subi une suspension de permis de conduire en 2013 pour conduite en état d’ivresse.

16 h 25 : « La propriété est moins importante que la vie d’autrui »

Le second No Border présumé : « J’avais un rôle de médiateur ». Vingt ans, la silhouette mince. « La propriété est moins importante que la vie d’autrui ». Il avoue : « J’ai empêché une personne de descendre, c’est vrai »

16 h 18 : « Je ne suis pas un No Border »

Quadra, la barbe de quelques jours, le premier activiste présumé s’explique. Domicilié dans le Vaucluse, il a été sensibilisé à la situation des réfugiés. Saisonnier, il est arrivé le 17 décembre à Calais pour remplir une mission humanitaire d’aide aux migrants. « Je ne suis pas un No Border »

16 h 15 : Au tour des No Border…

Le président lit un rapport du commandant de bord. Ce dernier a dû interrompre le débarquement suite à l’intrusion de 200 à 300 migrants sur le port de Calais. Les migrants sont montés à bord en escaladant une échelle. Un individu en parka jaune haranguait les migrants pour les inciter à rester à bord du navire. Un second empêchait les migrants de quitter le navire. Voilà ce qu’on reproche aux deux individus que le commandant « estime faire partie de la mouvance des No Border ».

16 h : Et le procureur réveille l'assistance...

Le sixième et dernier réfugié interrogé nie s’être caché dans le bateau. Il a pu y pénétrer sans opposition, assure-t-il. Heureusement, le procureur a le don de réveiller l’assistance : « L’équipage ne vous a pas arrosé pour vous faire partir ? C’est pourtant de notoriété publique. On le voit dans un reportage de BFM TV ». Grondements.

 

15 h 55 : « Vous confirmez ? » « Non »

Le président : « Ce sont les Européens qui nous ont dit d’aller au port. Ce sont les Européens qui ont détruit les grillages. C’est ce que vous avez dit lors de votre garde à vue. Vous confirmez ? » « Non ». « Vous pouvez vous asseoir »

15 h 50: Bon, ben, on n'entend pas grand chose

Au tour du 5e prévenu, afghan. Entre chuchottements et un traducteur un peu timide, dificile de happer une discussion. Les questions restent les mêmes: Pourquoi être allé à cette manifestation? comment avez-vous pénétré dans les bateaux?...

15 h 47: Où il est question des Talibans

On a un peu de mal à tout comprendre. Et à entendre. Le traducteur ne parle pas très fort et les motivations sont parfois flous. Le mot Taliban est laché. C'est pour les fuir que cet Afghan a quitté son pays via L'Iran, la turquie, la Serbie et l'Italie

15 h 45 : «Mon but n'était pas de prendre le bateau pour aller en Angleterre»

La même question revient : « Comment avez-vous eu connaissance de la manifestation ? » En effet, c’est à la suite de ce rassemblement organisé en janvier que certains migrants et membres des No Border ont investi un navire qui partait pour l’Angleterre. Un quatrième prévenu, afghan lui aussi, raconte sa version des faits. «Mon but n'était pas de prendre le bateau pour aller en Angleterre».

15 h 37: « Je me sens en danger, j’ai perdu un frère »

L’avocat interroge son client : « Pourquoi êtes-vous partis d’Afghanistan ? » « Je me sens en danger, j’ai perdu un frère »
« Vous préférez vivre ici ou dans votre pays ? », « S’il n’y avait pas de guerre, je serais resté dans mon pays »

15 h 32 : Au tour d’un Afghan…

Au tour d’un Afghan, troisième prévenu de se présenter. Un peu plus vieux que les autres. En France depuis quatre mois, il se trouve à Calais pour partir en Angleterre où il a des amis.

15 h 30 : « Un groupe marchait, je l’ai suivi »

Deuxième prévenu. Un jeune Syrien s’explique. Il a quitté la Syrie depuis plus d’un an et compte se rendre en Angleterre. « Un groupe marchait, je l’ai suivi »

15 h 25 : « Le grillage était ouvert »

Le premier prévenu est un Soudanais originaire du Darfour. Il est depuis deux mois en France. « Comment êtes-vous monté sur le bateau ? », « Par la passerelle, le grillage était ouvert »

15 h 20: 26 personnes interpellées sur le navire

Rappel des faits: La police a interpellé 26 personnes cachées sur le navire Spirit of Britain. Seules huit sont poursuivies. Les premiers témoignages des migrants commencent. 

15 h 10: «J'ai la photo des prévenus sur mon portable»

Les avocats des parties civiles, dont les navires P&O, attestent la dégradation de barrière au moment de l'intrusion. Le procureur confirme qu'il était présent sur les lieux à l'époque:  «J'ai la photo des prévenus sur mon portable»

15 h 05: «L'interpellation est illégale»

Arnaud Leroy, l'avocat, demande l'annulation de la procédure. «Interpellation subjective, selon lui.  Au moment de l'interpellation, les policiers auraient du demander à quel titre les personnes interpellées étaient sur le bateau. Les PV se contredisent»

15 h : « Il n’y a pas eu flagrant délit »

L’avocat des migrants, Arnaud Leroy, conteste. « Le PV fait mention d’une interpellation suite à une dénonciation et une identification du commandant de bord, assure-t-il. Il n’y a pas eu flagrant délit »

14 h 50: Entrée des migrants et No Border sous les applaudissements

Courroux du président devant les applaudissements qui ont accueilli l'entrée des huit prévenus dans le tribunal. C'est chaud! Quelques remarques avaient au préalable fusé entre deux personnes présentes dans la salle. Prochaine manifestation de soutien et la salle sera évacuée.

14 h 45: Report du procès de Willy Despierdt

Le juge accepte le renvoi de l'audience au lundi 21 mars avec obligation de contrôle judiciaire à son domicile en Ardéche. Il est interdit à Willy Despierdt de se revenir dans le Pas-de-Calais avant son procès.

14 h 40: «Je n'ai jamais eu de logement malgré mes demandes»

Le prévenu explique qu'il est parti s'installer en Ardèche car il n'a jamais pu obtenir de logement lorsqu'il était dans le Nord.

14 h 30: Willy Destierdt sur le banc des accusés

Depuis 2004, Willy Destierdt a déjà été condamné à plusieurs reprises pour dégradation de monument, violence avec menace d'une arme et appel à la haine raciale. Ancien engagé dans la légion, il se défend d'appartenir à un quelconque mouvement.

14 h 25: Une comparution immédiate avant l'audience

Willy Destierdt passe aussi devant le tribunal. L'homme est accusé d'avoir organisé une manifestation, samedi dernier, à Calais en soutien de Christian Piquemal, ancien général mis en examen après une précédente manifestation déjà interdite. Le rassemblement de samedi avait aussi été interdit.

14 h 20: L'audience est ouverte

14 h 10: Une salle bondée

La petite salle du tribunal de Boulogne-sur-Mer est bondée. Tout le monde attend les magistrats.

11 h 20: Retrouvez le compte rendu l'audience en direct à partir de 14h.