Calais : La manifestation de soutien au général Piquemal est interdite

SÉCURITÉ D’anciens militaires souhaitaient organiser une manifestation de soutien au général Piquemal, arrêté à Calais le 6 février. La préfecture du Pas-de-Calais a dit non…

Mikaël Libert

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Le général Piquemal a été arrêté lors d'une manifestation interdite de Pegida à Calais.
Le général Piquemal a été arrêté lors d'une manifestation interdite de Pegida à Calais. — P.Huguen/AFP

Rompez les rangs. Jeudi, la préfecture du Pas-de-Calais a pris un arrêté d’interdiction de la manifestation, prévue ce samedi à Calais, en soutien à l’ancien patron de la Légion étrangère, le général Christian Piquemal.

Un argument passe-partout

« Il existe un risque très important […] de troubles à l’ordre public ». C’est un argument que, semble-t-il, il faudra s’attendre à entendre souvent. C’est en tout cas ce que la préfecture du Pas-de-Calais avance comme motif principal pour interdire la manifestation du collectif « Calais, 20 février 2016 » dont le but était de dénoncer « l’insécurité générée par la présence de nombreux migrants » à Calais.

L’autre objet de cette manifestation, qui devait rassembler, entre autres, d’anciens militaires, était d’apporter un soutien à Christian Piquemal, ex-général de la Légion étrangère arrêté début février lors d’un rassemblement sauvage du collectif islamophobe Pegida.

>> A lire aussi : Qui le général Piquemal, arrêté lors de la manifestation de Pegida?La préfecture considère que le rassemblement de samedi « est manifestement organisé par des individus appartenant à la même mouvance d’ultra-droite » en vue de dénoncer « l’insécurité générée par la présence de nombreux migrants ». De ce fait, le représentant de l’Etat anticipe la tenue d’une contre-manifestation à l’appel de « la mouvance No border » et de « l’ultra gauche » susceptible de déboucher sur des « confrontations violentes entre les deux groupes ».

Aucune manif pour ou contre les migrants

Ajoutons à cela le manque de disponibilité des forces de l’ordre pour assurer la sécurité du rassemblement, l’état d’urgence et la volonté du ministère de l’intérieur d’interdire ce type de manifestations dans le calaisis et voici les militaires à la rue. Et afin de bien border le truc, la préfecture a étendu l’interdiction à « toute manifestation ayant trait à la situation migratoire à Calais », et ce, non seulement à Calais, mais aussi à Sangatte, Coquelles, Frethun, Coulogne et Marck-en-Calaisis.

L’organisateur, Willy Destierdt, que nous n’avons pas pu joindre ce jeudi, avait déjà fait savoir qu’il comptait bien braver une éventuelle interdiction.