Calais: Des policiers visés par des plaintes de migrants

MIGRANTS Six plaintes de migrants pour des violences ont été reçues par le Parquet de Boulogne-sur-Mer. Des policiers sont mis en cause dans certaines d’entre elles…  

Mikael Libert

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Une patrouille de police dans le bidonville de la Jungle, à Calais.
Une patrouille de police dans le bidonville de la Jungle, à Calais. — T.Camus/AP/SIPA

La police mise en cause. Lundi, six plaintes ont été déposées par des migrants de Calais a-t-on appris auprès du parquet de Boulogne-sur-Mer. Quatre visent les forces de sécurité.

La police des polices a été saisie

« Nous avons reçu six plaintes de six personnes différentes, pour quatre d’entre elles nous avons saisi l’IGPN (police des polices) car il y a une mise en cause des fonctionnaires de police », a affirmé le parquet. Pour les deux autres plaintes, « la police judiciaire de Coquelles a été saisie » a indiqué cette source qui précise qu’aucun suspect présumé n’est identifié dans ces plaintes.

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La chef de mission du « centre juridique » situé dans la « Jungle » de Calais, Marianne Humbersot, a précisé de son côté à l’AFP que « neuf plaintes ont été déposées samedi, dont sept concernent des policiers », et a dit apprécier positivement la saisine de l’IGPN.

Marianne Humbersot et l’avocat bordelais Raymond Blet qui travaille pour le centre juridique, ont déclaré, vendredi, avoir mené à bien « 400 consultations » de migrants destinées à « les informer sur leurs droits légaux ». Les plaintes déposées résultent de ces consultations.

«Affirmations indignes et infondées»

Dimanche, le syndicat de police Unsa avait déjà vivement réagi. « Ces graves affirmations, indignes et infondées, expriment une vision politique, partiale et unilatérale des problématiques soulevées à Calais » (Pas-de-Calais), a-t-il affirmé.

Vendredi, la préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, s’est montrée circonspecte : « Il faut être très prudent, car nos policiers font déjà un travail difficile, il faut aussi respecter les forces de l’ordre. » « Qu’ils (les migrants) signalent ces faits, une enquête sera faite », a-t-elle ajouté. Selon elle, « ces actes malveillants » peuvent avoir été commis par des personnes qui « prenaient l’apparence de policiers ».