Nord: Comment le succès du film « Demain » se répercute sur une usine nordiste

ECONOMIE L’entreprise de fabrication d’enveloppe Pochéco, installée en métropole lilloise, voit sa notoriété augmenter depuis la sortie du documentaire « Demain »…

Propos recueillis par Gilles Durand

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Emmanuel Druon, président de Pochéco, une entreprise einstallée à Forest-sur-Marque, en métropole lilloise.
Emmanuel Druon, président de Pochéco, une entreprise einstallée à Forest-sur-Marque, en métropole lilloise. — M.LIBERT/20 MINUTES

Une usine nordiste montrée en exemple. Après onze semaines à l’affiche, le documentaire « Demain », qui répertorie de nombreuses alternatives économiques et sociales, doit atteindre les 700.000 spectateurs, dimanche prochain. Ce succès cinématographique inattendu se répercute sur l’entreprise Pochéco, à laquelle le film consacre une séquence. Son président, Emmanuel Druon, nous raconte cette « parenthèse enchantée ».

 

Comment vous êtes vous retrouvé dans ce film ?

Le tournage était terminé quand le coréalisateur Cyril Dion a proposé notre fabrique d’enveloppes pour illustrer une entreprise engagée dans la transition énergétique. Il nous connaissait. Son équipe venait de faire le tour du monde et cette proposition d’une industrie nordiste n’a pas rencontré un succès fou au début. Finalement, ils sont venus filmer une journée en août 2014, avant de revenir quelques semaines plus tard pour faire quelques plans supplémentaires d’intérieur.

Qu’est ce que cette séquence a changé pour votre entreprise ?

Ce film nous a fait connaître du grand public. Ce qui n’était pas le cas avant car nous travaillions essentiellement avec des entreprises. Or, depuis le début d’année, notre boutique en ligne a connu une très forte augmentation du nombre de visites : le chiffre a été multiplié par dix, passant de 1.000 à 10.000 visiteurs par mois. La vente d’enveloppes aux particuliers est en forte hausse, ainsi que les bouquins que j’ai écrits*. Les visites de notre usine, qui existent depuis trois ans, enregistrent des réservations jusqu’en octobre. Du jamais vu.

Comment expliquez-vous le succès que connaît ce film ?

Je crois qu’en ce moment, les gens ont besoin de ce genre de documentaire qui parle d’écologie : une histoire vraie et positive nous montrant qu’il est possible de se retrouver collectivement. Mais je ne pensais pas que le succès du film se traduirait aussi par ce regard et cet engouement pour notre usine. On sent une sorte de fierté et une perception bienveillante de notre entreprise. Nous recevons par courriel une cinquantaine de demandes de collaborations par jour et environ 500 messages de soutien. 

Comment allez-vous digérer cet engouement nouveau ?

Peu importe qu’on retombe dans l’anonymat. Il faut profiter de ce moment. On le prend comme une parenthèse enchantée. Voilà vingt ans qu’on met en œuvre ce qu’on raconte dans le film. On va continuer à être le plus engagé et le plus militant possible avec de nouveaux projets qui se profilent.

*Le Syndrome du poisson-lune (en 2015) et Ecolonomie : entreprendre sans détruire (en 2016), aux éditions Actes Sud.