Nord: Les trois piliers du succès de Toyota à Onnaing

AUTOMOBILE L'unique usine française de Toyota, à Onnaing, a fêté le 8 février les 15 ans de la Yaris fabriquée dans le Nord...  

Olivier Aballain

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Les chaînes de montage de l'usine Toyota d'Onnaing
Les chaînes de montage de l'usine Toyota d'Onnaing — O. Aballain

Trois millions de Yaris sorties des lignes de production, 3.800 emplois créés (dont 3.100 en CDI) : Pour ses quinze ans d’activité à Onnaing, Toyota n’a vraiment pas à rougir de son bilan.

Mais l’usine nordiste du constructeur japonais (la seule en France) voit plus loin, et espère même obtenir la fabrication d’un 2e véhicule d’ici 2020. Voici la recette, en trois ingrédients clefs.

>>L’union sacrée avec les pouvoirs publics

« A l’époque on n’était pas encore sortis de l’ère post-industrielle », confie Valérie Létard, élue (LR) du Valenciennois devenue vice-présidente du conseil régional. Avant l’arrivée de Toyota, le taux de chômage atteignait 22 % sur le territoire de Valenciennes. Aujourd’hui c’est 15 %. « Et quand on parle de l’usine Toyota, tout le monde c’est que c’est dans le Nord », constate le sous-préfet de Valenciennes, Thierry Devimeux, arrivé en septembre.

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Résultat : Mieux perçu, mieux organisé, le territoire développe son tissu industriel dans l’automobile (PSA a attribué un nouveau véhicule à l’usine Sevelnord de Saint-Amand), il parvient à attirer des emplois en logistique (plateforme Oxylane)…

>>La méthode Toyota

L’investissement demandé aux employés de Toyota est parfois décrit comme excessif. Cependant la formation et l’expertise des salariés font partie des fondamentaux du constructeur nippon. « J’ai toujours bénéficié des formations dont j’avais besoin pour progresser », raconte Hassan Boutaibi, entré chez Toyota avec un Bac pro en 2001.

Aujourd’hui cadre, en charge d’une ligne de 30 « équipiers », il apprécie aussi le temps laissé aux salariés pour « proposer eux-mêmes des solutions aux problèmes de qualité ». Illustration : l’arrêt des chaînes de 50 minutes, instauré pour donner aux opérateurs, toutes les deux semaines, le temps de se former ou de réfléchir à de nouvelles méthodes de travail.

>>C’est déjà demain

Avant même la « Troisième révolution industrielle » lancée par le conseil régional, Toyota Onnaing a mis le paquet sur la déclinaison hybride (électricité-essence) de sa Yaris. En 2015, la production de la citadine hybride, en hausse de 23 %, a atteint 32 % du total sorti des chaînes de l’usine française.

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Un succès qui a permis au site de maintenir sa production annuelle à 225.000 véhicules. Mais la direction voit plus loin et espère attirer un deuxième véhicule des segments « B » (citadines) ou « C » (compactes), qui serait conçu sur des éléments communs à la Yaris. Le site pourrait ainsi, d’ici 2020, atteindre les 300.000 véhicules produits par an.