Ligue 1: Que vaut vraiment Eder, la nouvelle recrue du LOSC?

FOOTBALL L'attaquant portugais a été prêté jusqu'à la fin de la saison au club lillois...

Francois Launay

— 

Eder a été prêté au LOSC jusqu'à la fin de la saison
Eder a été prêté au LOSC jusqu'à la fin de la saison — F.Launay/20 Minutes

« N’attendez pas d’Eder des choses miraculeuses ». Au moins, on ne pourra pas reprocher à Jean-Michel Vandamme de ne pas avoir planté le décor. Même si le directeur général adjoint a rajouté que l’attaquant portugais « saura faire la différence si le collectif tourne bien », ce n’est pas vraiment le cousin de Cristiano Ronaldo qui vient de rejoindre le LOSC en prêt jusqu’à la fin de la saison.

A 28 ans, Eder vient se relancer dans le Nord après une expérience difficile de six mois à Swansea (15 matchs, aucun but). Qualifié pour le match face à Caen, le joueur pourrait même faire ses premiers pas dès ce mercredi au stade Pierre Mauroy (19h). Reste à savoir ce qu’il vaut vraiment. Éléments de réponse.

Un renard des surfaces pas très rapide

Frédéric Antonetti avait annoncé la couleur. Pour se renforcer devant cet hiver, l’entraîneur lillois voulait un attaquant rapide capable de prendre la profondeur. Après avoir essayé de se faire prêter Loïc Rémy par Chelsea, le LOSC s’est rabattu dans les derniers jours sur Eder, qui avait l’avantage d’être beaucoup moins cher. Sauf que l’attaquant portugais ne correspond pas tout à fait au profil défini par l’entraîneur.

« C’est surtout un renard des surfaces. Un joueur qui sert de pivot et qui attend le bon centre en retrait. C’est aussi quelqu’un qui pèse beaucoup sur les défenseurs grâce à son physique (1,88 m et 81 kg). Par contre, il n’a pas une pointe de vitesse exceptionnelle et n’est pas très technique non plus », détaille Marco Martins, journaliste portugais et correspondant en France du quotidien sportif Record.

« En terme de vitesse, ce n’est pas Thierry Henry, mais c’est un joueur capable de demander les ballons dans le dos de la défense. Par contre, il ne fera pas des appels constamment », estime de son côté Jérôme Palatsi, ancien gardien de but devenu observateur du championnat portugais pour le club de Montpellier.

Une image contrastée au Portugal

S’il a disputé le Mondial 2014 sous le maillot du Portugal, Eder s’y sera surtout signalé par sa maladresse devant le but. Avec 20 sélections au compteur (pour un seul but), le joueur a pourtant une petite carte de visite.

Même s’il a surtout profité de la pénurie d’avant-centre dans le pays. « Entre Helder Postiga, Hugo Almeida et Eder, le Portugal a toujours eu un problème d’attaquant ces dernières années. Mais le jeu de la sélection n’est pas adapté aux renards de surface comme Eder. D’ailleurs, il ne joue plus en sélection depuis quelques matchs. On préfère faire jouer des ailiers comme Ronaldo en pointe plutôt que de mettre un spécialiste du poste », poursuit Marco Martins.

Lille, le bon choix ?

C’est à Braga où il a inscrit 16 buts lors de sa première saison en 2012-2013 qu’Eder a commencé à se faire un nom dans son pays. « C’était un grand espoir du foot portugais mais son élan a été un peu brisé car il a eu deux grosses blessures », raconte Jérôme Palatsi. La saison dernière, il y aura quand même encore marqué 15 buts au point de taper dans l’œil de Swansea. Mais, entre blessure et concurrence avec Bafétimbi Gomis, l’attaquant ne s’est jamais adapté au championnat anglais. Va-t-il réussir à se relancer à Lille ? Marco Martins le pense.

« Il y a une place à se faire à Lille. Avec des joueurs techniques autour de lui qui peuvent lui donner des bons ballons, ça peut être assez facile pour lui », poursuit le journaliste. « Il a des qualités pour s’imposer en Ligue 1. Le seul problème c’est qu’il est parfois inconstant », estime de son côté Jérôme Palatsi.

Quant à son intégration en France, il ne sera pas dépaysé. Avec Rony Lopes, son compatriote portugais, il ne sera pas le seul Portugais. Quant à la langue française, l’attaquant la pratique un peu pour l’avoir appris à l’école. Mais pour se faire vite adopter, c’est devant le but qu’Eder va vite devoir faire ses preuves.