Nord: Qu'est ce qui peut faire baisser le taux de mortalité des cancers?

SANTE L'Observatoire régional de la Santé dévoile une étude sur l'inégale évolution locale des cancers et préconise certaines pratiques...

Gilles Durand

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Illustration du dépistage du cancer.
Illustration du dépistage du cancer. — S. Pouzet / SIPA

Comment vaincre la fatalité régionale concernant le cancer ? L’Observatoire régional de la Santé (ORS) a dévoilé, ce mardi, deux études sur la perception de cette maladie et les mesures envisageables pour faire baisser la mortalité. « Les habitants du Nord-Pas-de-Calais sont plutôt pessimistes sur le sujet », souligne Marie Raimbault, chargée d’études pour l’ORS.

Fatalisme dans le Nord-Pas-de-Calais

Un sondage affiche un gros écart entre la moyenne régionale et la moyenne nationale concernant le sentiment de pouvoir retrouver une vie normale après avoir été victime d’un cancer. Face à ce fatalisme, l’ORS a enquêté sur les facteurs qui pouvaient changer la donne en comparant quatre territoires similaires du point de vue sociodémographique : Boulogne-sur-Mer, Dunkerque, Forbach et Le Havre.

« Le but de cette étude est de repérer ce qui a facilité localement les conditions d’une baisse plus rapide de la mortalité par cancer. », souligne Olivier Lacoste, directeur de l’ORS. Et de trouver quelques exemples de ce qui fonctionne. « Dans le Boulonnais, les démarches de repérage précoce des cancers spécifiques fonctionnent. A l’instar des cancers des voies aérodigestives supérieures », explique Marie Raimbault.

Constats douloureux

En revanche, un constat douloureux a pu aussi être dressé : la difficulté pour les médecins généralistes d’être associés par les établissements de soin au suivi de leurs patients. « Il faudrait renforcer le lien ville – hôpital », assure Olivier Lacoste.

L’établissement précoce d’un diagnostic reste aussi problématique. « Dans un des territoires observés, la quasi-totalité des radiologues est âgée de plus de 60 ans, ce qui laisse présager une situation préoccupante d’ici cinq ans », évoque le rapport qui note aussi que « l’accès à un bloc opératoire peut aussi être compliqué par endroits avec des délais d’attente de 3 mois ». Attente qui peut être synonyme parfois de pertes de chance pour des patients.