Le Nord sous l'empire de la chine

— 

Un véritable camping. Sous la tente depuis une dizaine de jours, les «bradeux» installés sur l’esplanade de Lille déballeront leurs affaires demain à 15 h pour la traditionnelle Braderie. Ce gigantesque marché aux puces de rentrée attire chaque année entre 2 et 3 millions de badauds, qui arpentent une centaine de kilomètres de bric-à-brac. «Premier arrivé, premier servi : les emplacements sont gratuits, même si certains n’hésitent pas à vendre un bout de trottoir sous le manteau », rappelle Frédéric Marchand, adjoint (PS) aux Fêtes à la ville de Lille. Brocanteurs professionnels, vendeurs de kebabs et vide-greniers se disputent ainsi 10 000 stands où s’étalent les objets les plus improbables, allant de la flûte de pan aux pièces détachées de voitures, en passant par les « jeans made in China vendus par des Polonais », regrette Laurent Courouble. Gérant d’un café citoyen, ce dernier a décidé de créer une rue de la consommation responsable réservée aux produits bio, aux logiciels libres e t aux militants associatifs. Trait d’union entre ces différents stands, le fumet s’ échappant des quel que 500 tonnes de moules-frites qui seront dégustées en moins de deux jours. Et qui permettront aux restaurateurs de s’affronter lors du traditionnel concours du tas de coquilles vides jetées à même le pavé. Avant de laisser place à un autre ballet, celui des 500 agents de propreté chargé de redonner à la ville son aspect originel, dès lundi.

A Lille, Vincent Vantighem